Leçon 1 / 9

Qui est Dieu ?

La seule qualité de Dieu que la Bible répète trois fois de suite n'est pas son amour, mais sa sainteté. Et c'est pourtant elle qui donne à « Dieu est amour » tout son poids.

Tout le monde a une idée de Dieu, même ceux qui n'y croient pas. Pour certains, c'est un grand-père indulgent qui ferme les yeux sur tout. Pour d'autres, un juge qui guette la moindre faute. Pour d'autres encore, une énergie diffuse, une « force » qui traverse l'univers sans jamais adresser la parole à personne. La question n'est donc pas de savoir si nous avons une image de Dieu : nous en avons tous une. La question est de savoir si c'est la bonne.

Ce parcours commence là, parce que tout le reste en dépend. Ce que vous penserez du péché, de Jésus-Christ, du salut ou de l'Église découlera de ce que vous pensez de Dieu. Une erreur à ce niveau se propage partout ; une vérité solide à ce niveau éclaire tout le reste.

Si vous arrivez directement sur cette leçon, l'introduction du parcours présente les neuf étapes et la manière de les suivre.

#Peut-on vraiment connaître Dieu ?

Si Dieu est Dieu, infiniment plus grand que nous, comment pourrions-nous prétendre le connaître ? Une fourmi peut-elle comprendre un être humain ? L'objection est sérieuse, et la Bible lui donne en partie raison : laissé à lui-même, l'homme ne peut pas s'élever jusqu'à Dieu. Mais elle ajoute aussitôt ce qui change tout : Dieu ne nous a pas laissés à nous-mêmes. Il s'est fait connaître.

La Bible ne commence d'ailleurs pas par une démonstration de l'existence de Dieu. Sa toute première phrase le montre déjà en train d'agir :

Genèse 1:1 (LSG)


Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre.

Tout le reste de l'Écriture est le récit d'un Dieu qui se montre, qui parle, qui intervient. On appelle cela la révélation : Dieu qui lève lui-même le voile sur ce que nous ne pourrions pas découvrir seuls.

#Ce que la création dit de Dieu

Dieu se révèle d'abord dans ce qu'il a fait.

« Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l'étendue manifeste l'œuvre de ses mains. » — Psaume 19:2

L'apôtre Paul va plus loin :

Romains 1:20 (LSG)


En effet, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l'œil, depuis la création du monde, quand on les considère dans ses ouvrages. Ils sont donc inexcusables…

Un ciel étoilé ne vous dit pas le nom de Dieu. Mais il vous dit qu'il existe quelqu'un de puissant, de sage, et qui n'est pas vous. C'est assez pour que l'homme soit « inexcusable » quand il se détourne de lui. Ce n'est pas assez pour le connaître personnellement.

#Ce que Dieu dit de lui-même

Pour cela, il faut que Dieu parle. C'est ce qu'il a fait, d'abord par les prophètes, puis par son Fils :

Hébreux 1:1-2 (LSG)


Après avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, parlé à nos pères par les prophètes, Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils, qu'il a établi héritier de toutes choses, par lequel il a aussi créé le monde…

Le sommet de la révélation n'est ni un livre ni une idée : c'est une personne. « Personne n'a jamais vu Dieu ; Dieu le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est celui qui l'a fait connaître » (Jean 1:18). Si vous voulez savoir à quoi ressemble Dieu, regardez Jésus. Ce sera l'objet de la leçon 4.

Révélation générale, révélation spéciale

Les théologiens distinguent deux formes de révélation.

La révélation générale est ce que Dieu montre de lui à tous les hommes, en tout temps et en tout lieu, par la création et par la conscience (Romains 1:20 ; 2:14-15).

La révélation spéciale est ce qu'il a dit de lui-même à des personnes précises, dans l'histoire : par les prophètes, par Jésus-Christ, et aujourd'hui par l'Écriture qui en garde le témoignage.

La première rend l'homme responsable devant Dieu ; seule la seconde lui fait connaître le chemin du salut. Voir aussi Révélation.

#Au commencement, Dieu

Relisez la première phrase de la Bible. Elle affirme trois choses à la fois.

Dieu était là avant tout. Le texte ne dit pas d'où il vient, parce qu'il ne vient de nulle part : il n'a pas de commencement. « Avant que les montagnes fussent nées, et que tu eusses créé la terre et le monde, d'éternité en éternité tu es Dieu » (Psaume 90:2).

Tout ce qui existe vient de lui. Les cieux, la terre, les étoiles, les océans, et vous. Rien n'existe par soi-même, sauf Dieu.

Dieu n'est pas sa création. Le Créateur et ce qu'il a créé sont deux réalités distinctes. Dieu n'est pas l'univers, ni une part de la nature, ni l'énergie qui l'anime : il est celui qui l'a fait. C'est ce qui sépare la foi biblique de toutes les spiritualités où « tout est Dieu ».

Quand Paul parle aux philosophes d'Athènes, il part exactement de là :

Actes 17:24-25 (LSG)


Le Dieu qui a fait le monde et tout ce qui s'y trouve, étant le Seigneur du ciel et de la terre, n'habite point dans des temples faits de main d'homme ; il n'est point servi par des mains humaines, comme s'il avait besoin de quoi que ce soit, lui qui donne à tous la vie, la respiration, et toutes choses.

Dieu n'a besoin de rien : ni de nos temples, ni de nos offrandes, ni même de nous. Il ne nous a pas créés parce qu'il se sentait seul ou incomplet. Cela peut sembler froid. C'est en réalité une excellente nouvelle. Un Dieu qui aurait besoin de nous pourrait se servir de nous. Un Dieu qui n'a besoin de rien ne peut que donner, et c'est exactement ce que dit Paul : il « donne à tous la vie, la respiration, et toutes choses ».

Et il ne s'est pas retiré après avoir créé. Dieu n'est pas un horloger qui aurait remonté le mécanisme avant de s'en aller. Il soutient et gouverne ce qu'il a fait, c'est ce qu'on appelle sa providence, et il n'est « pas loin de chacun de nous » (Actes 17:27).

Elohim : ce que le mot dit, ce qu'il ne dit pas

Le mot traduit « Dieu » en Genèse 1:1 est אֱלֹהִים — Elohim. On lit parfois qu'il signifie « le Créateur ». Ce n'est pas le cas : c'est le terme hébreu courant pour désigner la divinité, et le même mot s'applique ailleurs aux faux dieux des nations (« Tu n'auras pas d'autres dieux devant ma face », Exode 20:3).

Ce qui fait d'Elohim le Créateur en Genèse 1:1, ce n'est pas le sens du nom, c'est le verbe qui suit : בָּרָא — bara, « créer », un verbe qui, à sa forme simple, n'a jamais d'autre sujet que Dieu dans l'Ancien Testament.

La forme d'Elohim est grammaticalement plurielle, mais en Genèse 1:1 elle commande un verbe au singulier : un seul Dieu agit. Beaucoup de lecteurs chrétiens y voient une pierre d'attente de la Trinité. C'est possible, mais le mot seul ne le prouve pas : l'hébreu emploie aussi le pluriel pour exprimer la majesté ou la plénitude. La Trinité s'établit sur d'autres textes, que nous verrons plus bas.

#Un Dieu qui a un nom

Une force n'a pas de nom. Une énergie ne parle pas. Le Dieu de la Bible, lui, pense, parle, appelle, promet, s'indigne, pardonne, se réjouit. C'est un Dieu personnel : non pas un « quelque chose », mais un « quelqu'un ».

Le moment où cela apparaît le plus nettement se passe dans le désert. Moïse, devenu berger, voit un buisson qui brûle sans se consumer. Dieu lui parle depuis ce feu et l'envoie faire sortir Israël d'Égypte. Moïse pose alors la question que tout homme finit par poser :

Exode 3:13-14 (LSG)


Moïse dit à Dieu : J'irai donc vers les enfants d'Israël, et je leur dirai : Le Dieu de vos pères m'envoie vers vous. Mais, s'ils me demandent quel est son nom, que leur répondrai-je ? Dieu dit à Moïse : Je suis celui qui suis. Et il ajouta : C'est ainsi que tu répondras aux enfants d'Israël : Celui qui s'appelle « je suis » m'a envoyé vers vous.

Dieu ne répond pas par une définition. Il donne un nom, et un nom, c'est ce qu'on donne à quelqu'un avec qui l'on veut entrer en relation. On peut étudier une force ; on ne peut appeler par son nom que quelqu'un qui répond.

Ce nom dit deux choses. D'abord, Dieu existe par lui-même. Tout ce qui existe a reçu l'existence ; lui la possède en lui-même. Vous êtes parce que vos parents ont été, parce que la terre vous porte, parce que l'air vous fait vivre. Dieu, lui, est, tout simplement.

Ensuite, Dieu reste fidèle à lui-même. Il sera pour Israël ce qu'il a été pour Abraham, Isaac et Jacob (Exode 3:15). Le nom est une promesse autant qu'une affirmation : « Car je suis l'Éternel, je ne change pas » (Malachie 3:6).

Retenez ce « je suis ». Des siècles plus tard, Jésus le reprendra à son compte : « En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham fût, je suis » (Jean 8:58). Ses auditeurs ramassent aussitôt des pierres pour le lapider. Ils avaient parfaitement compris ce qu'il revendiquait.

YHWH, l'Éternel

Le nom révélé à Moïse s'écrit en hébreu avec quatre consonnes : יהוה — YHWH, qu'on appelle le tétragramme. Il est lié au verbe « être ». En Exode 3:14, Dieu dit אֶהְיֶה אֲשֶׁר אֶהְיֶה — ehyeh asher ehyeh, « je suis celui qui suis », qu'on peut aussi traduire « je serai qui je serai ». Les deux traductions sont possibles et se complètent : celui qui est, et qui sera fidèlement ce qu'il est.

Par respect, les Juifs ont cessé de prononcer ce nom et lisaient à la place Adonaï, « Seigneur ». Sa prononciation exacte s'est ainsi perdue. « Yahvé » est une reconstitution savante ; « Jéhovah » est un hybride, né de la combinaison des consonnes de YHWH avec les voyelles d'Adonaï.

Les traductions françaises le rendent soit par « l'Éternel » (Segond, Darby), soit par « le Seigneur » (TOB, Bible en français courant). Quand vous lisez « l'Éternel » dans votre Bible, c'est ce nom-là qui est écrit.

#Saint, saint, saint : ce qui distingue Dieu de tout le reste

Si l'on demandait quelle qualité de Dieu la Bible met le plus en avant, beaucoup répondraient : l'amour. La réponse n'est pas fausse. Mais il est frappant que la seule qualité de Dieu que l'Écriture répète trois fois de suite soit sa sainteté.

L'année de la mort du roi Ozias, le prophète Ésaïe voit le Seigneur assis sur un trône très élevé. Au-dessus de lui se tiennent des séraphins, des êtres célestes qui se couvrent le visage devant lui :

Ésaïe 6:3 (LSG)


Ils criaient l'un à l'autre, et disaient : Saint, saint, saint est l'Éternel des armées ! toute la terre est pleine de sa gloire !

Et voici la réaction d'Ésaïe :

« Alors je dis : Malheur à moi ! je suis perdu, car je suis un homme dont les lèvres sont impures, j'habite au milieu d'un peuple dont les lèvres sont impures, et mes yeux ont vu le Roi, l'Éternel des armées. » — Ésaïe 6:5

Ésaïe n'est pas un impie. C'est un prophète, un homme de prière, sans doute l'un des hommes les plus droits de son peuple. Pourtant, devant la sainteté de Dieu, il ne se sent pas seulement impressionné : il se sent perdu. Plus on voit Dieu tel qu'il est, plus on se voit soi-même tel qu'on est.

Le récit ne s'arrête pas là. Un séraphin prend sur l'autel une pierre ardente, en touche les lèvres d'Ésaïe et lui dit : « Ton iniquité est enlevée, et ton péché est expié » (Ésaïe 6:7). La même sainteté qui a fait trembler Ésaïe est celle qui le purifie. Toute la Bible est déjà dans cette scène.

Qadosh : saint

Le mot hébreu קָדוֹשׁ — qadosh, « saint », porte l'idée de ce qui est séparé, mis à part. Appliqué à Dieu, il a deux dimensions.

Dieu est à part de tout ce qu'il a créé : au-dessus, autre, sans équivalent. « À qui me comparerez-vous, pour que je lui ressemble ? dit le Saint » (Ésaïe 40:25).

Dieu est à part de tout mal : parfaitement pur. « Tes yeux sont trop purs pour voir le mal, et tu ne peux pas regarder l'iniquité » (Habacuc 1:13).

L'hébreu n'a pas de superlatif comme le français. Pour dire « au plus haut point », il répète le mot. « Saint, saint, saint » signifie : saint d'une sainteté qui n'a pas d'égale.

Pourquoi insister là-dessus dès la première leçon ? Parce que sans la sainteté de Dieu, le péché ne serait qu'un détail : une maladresse, une faiblesse regrettable. C'est parce que Dieu est saint que le mal est grave, et qu'un Dieu saint est aussi un Dieu juste : il ne fait pas semblant de ne pas voir. La leçon 3 le montrera.

#Dieu est amour, et c'est lui qui définit le mot

« Dieu est amour » (1 Jean 4:8). Ce sont trois des mots les plus célèbres de la Bible, et parmi les plus mal compris.

L'erreur la plus courante consiste à retourner la phrase, sans s'en rendre compte : l'amour est Dieu. Tout ce que nous ressentons comme de l'amour devient alors divin, et Dieu n'est plus que la garantie de nos propres définitions. L'apôtre Jean fait l'inverse. Il ne nous laisse pas définir l'amour : il nous montre aussitôt où le voir.

1 Jean 4:8-10 (LSG)


Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu, car Dieu est amour. L'amour de Dieu a été manifesté envers nous en ce que Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui. Et cet amour consiste, non point en ce que nous avons aimé Dieu, mais en ce qu'il nous a aimés et a envoyé son Fils comme victime expiatoire pour nos péchés.

Selon Jean, l'amour ne se mesure pas à ce que nous ressentons pour Dieu, mais à ce que Dieu a fait pour nous. Et ce qu'il a fait passe par une « victime expiatoire pour nos péchés » : un sacrifice qui prend le péché au sérieux. L'amour de Dieu ne ferme pas les yeux sur le mal ; il en paie le prix.

C'est déjà ce que Dieu disait de lui-même à Moïse, sur le mont Sinaï, quand il se fit connaître par son nom :

Exode 34:6-7 (LSG)


Et l'Éternel passa devant lui, et s'écria : L'Éternel, l'Éternel, Dieu miséricordieux et compatissant, lent à la colère, riche en bonté et en fidélité, qui conserve son amour jusqu'à mille générations, qui pardonne l'iniquité, la rébellion et le péché, mais qui ne tient point le coupable pour innocent, et qui punit l'iniquité des pères sur les enfants et sur les enfants des enfants jusqu'à la troisième et à la quatrième génération !

Tout est dans la même phrase : « miséricordieux », « qui pardonne », et « qui ne tient point le coupable pour innocent ». Dieu ne se décrit pas comme tantôt aimant, tantôt juste, selon l'humeur du jour. Il est les deux à la fois, pleinement, toujours.

Comparaison

Un Dieu d'amour sans sainteté

Le grand-père indulgent. Le péché n'a pas vraiment d'importance ; tout finira bien pour tout le monde. On n'a pas besoin d'être sauvé, et la croix devient inutile.

Un Dieu saint sans amour

Le juge froid. On vit dans la peur et l'on essaie de mériter sa faveur, sans jamais savoir si l'on en a fait assez. Personne ne viendrait nous chercher, et la croix devient impossible.

Les deux caricatures ont un point commun : elles rendent la croix incompréhensible. C'est à la croix que la sainteté et l'amour de Dieu se rencontrent, sans que l'un cède à l'autre. Dieu y est, selon le mot de Paul, « juste tout en justifiant celui qui a la foi en Jésus » (Romains 3:26).

#Un seul Dieu, et pourtant Père, Fils et Saint-Esprit

« Dieu est amour » oblige à poser une dernière question. Aimer, c'est toujours aimer quelqu'un. Si Dieu est amour de toute éternité, avant la création, avant qu'il existe quoi que ce soit d'autre que lui, qui aimait-il ?

La Bible commence par affirmer avec force qu'il n'y a qu'un seul Dieu. C'est la confession qu'Israël récitait chaque jour, et que Jésus lui-même appelait le premier des commandements (Marc 12:29) :

Deutéronome 6:4 (LSG)


Écoute, Israël ! l'Éternel, notre Dieu, est le seul Éternel.

Aucune lecture chrétienne de la Bible ne peut revenir là-dessus. Et pourtant, le Nouveau Testament appelle Dieu le Père ; il dit du Fils que « la Parole était Dieu » (Jean 1:1) ; il dit que mentir au Saint-Esprit, c'est mentir « à Dieu » (Actes 5:3-4). Au baptême de Jésus, les trois sont présents en même temps : le Fils dans l'eau, l'Esprit qui descend, la voix du Père qui parle depuis le ciel (Matthieu 3:16-17). Et Jésus envoie ses disciples baptiser « au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » (Matthieu 28:19) : un seul nom, trois personnes.

Trinité

La Trinité est la doctrine selon laquelle il n'y a qu'un seul Dieu, existant de toute éternité en trois personnes distinctes et égales, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, chaque personne étant pleinement divine et partageant la même essence divine. Voir aussi Trinité.

Ce que la Trinité ne veut pas dire
  • Pas trois dieux. Il n'y a qu'un seul Dieu, une seule essence divine.
  • Pas un seul personnage qui change de masque, Père dans l'Ancien Testament, Fils dans les Évangiles, Esprit aujourd'hui. Au baptême de Jésus, les trois sont là en même temps.
  • Pas une addition. Le Fils n'est pas un tiers de Dieu : il est pleinement Dieu, comme le Père et comme l'Esprit.

La Trinité dépasse notre intelligence, mais elle ne la contredit pas. Nous ne disons pas « un Dieu et trois dieux », ni « une personne et trois personnes ». Nous disons : un seul Dieu en trois personnes.

Voici maintenant la réponse à la question de départ. La veille de sa mort, Jésus prie son Père et lui dit : « Tu m'as aimé avant la fondation du monde » (Jean 17:24). Avant qu'il y ait des étoiles, des anges ou des hommes, l'amour existait déjà, en Dieu, entre le Père, le Fils et l'Esprit. Dieu n'a pas créé parce qu'il manquait d'amour. Il a créé pour le partager.

Les leçons 4 et 6 reviendront en détail sur le Fils et sur le Saint-Esprit.

#Connaître Dieu, ou seulement savoir des choses sur lui ?

On peut avoir lu tout ce qui précède, l'avoir compris, être d'accord, et ne pas connaître Dieu. On peut connaître la biographie d'un chef d'État dans le détail sans l'avoir jamais rencontré.

Jérémie 9:23-24 (LSG)


Ainsi parle l'Éternel : Que le sage ne se glorifie pas de sa sagesse, que le fort ne se glorifie pas de sa force, que le riche ne se glorifie pas de sa richesse. Mais que celui qui veut se glorifier se glorifie d'avoir de l'intelligence et de me connaître, de savoir que je suis l'Éternel, qui exerce la bonté, le droit et la justice sur la terre ; car c'est à cela que je prends plaisir, dit l'Éternel.

Dieu ne dit pas : « de savoir des choses sur moi ». Il dit : « de me connaître ». Dans la Bible, « connaître » est un mot de relation : c'est ce qu'on dit de ceux qui partagent une vie. Jésus en fait même la définition de la vie éternelle : « Or, la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ » (Jean 17:3).

Le but de cette leçon n'était donc pas de vous remplir la tête. C'était de vous présenter quelqu'un.

Résumé
  • Nous ne pourrions pas connaître Dieu s'il ne s'était pas fait connaître : par la création, par sa Parole, et pleinement en Jésus-Christ.
  • Dieu est le Créateur de tout, distinct de tout ce qu'il a fait, et il n'a besoin de rien. C'est pour cela qu'il peut tout donner.
  • Dieu est personnel : il a un nom, YHWH, « je suis », qui dit à la fois qu'il existe par lui-même et qu'il reste fidèle.
  • Dieu est saint, au-dessus de tout et pur de tout mal. C'est ce qui rend le péché grave.
  • Dieu est amour, et c'est lui qui définit l'amour : à la croix, il pardonne sans faire semblant que le mal n'existe pas.
  • Il n'y a qu'un seul Dieu, en trois personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. L'amour existait en lui avant toute chose.
Ce que cela change

Sur votre image de Dieu. Prenez un moment pour la nommer honnêtement. Est-il pour vous plutôt le grand-père indulgent ou le juge froid ? Laquelle de ses qualités avez-vous tendance à oublier, sa sainteté ou son amour ?

Sur votre prière. Vous ne vous adressez pas à une force, mais à quelqu'un qui a un nom et qui écoute. Essayez cette semaine de commencer vos prières en le nommant pour ce qu'il est, avec les mots d'Exode 34:6 : miséricordieux, compatissant, lent à la colère, riche en bonté et en fidélité.

Sur vos inquiétudes. Tout change autour de vous : la santé, le travail, les relations. Dieu, lui, ne change pas (Malachie 3:6). Ce qu'il était pour Abraham, pour Moïse et pour Ésaïe, il l'est encore pour vous.

Question de réflexion

Quelle image aviez-vous de Dieu avant de lire cette leçon ? Qu'est-ce qui, dans ce que vous venez de lire, la confirme, et qu'est-ce qui la bouscule ?

#Vers la leçon 2 : Qu'est-ce que la Bible ?

Tout ce que nous avons dit de Dieu dans cette leçon, nous l'avons tiré d'un livre. Nous avons cité Moïse, Ésaïe, Jérémie, Jean et Paul, comme si leurs paroles disaient vrai sur Dieu lui-même. Mais de quel droit ? Des hommes ont écrit ces textes : pourquoi les recevoir comme la Parole de Dieu, et pas comme de simples témoignages religieux parmi d'autres ?

C'est la question de la prochaine leçon.

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