Nous avons posé les fondements : qui est Dieu, ce qu'est sa Parole, ce qu'est le péché, qui est Jésus-Christ, comment on est sauvé, qui est le Saint-Esprit, ce qu'est l'Église. Reste la question la plus concrète de toutes. Lundi matin, quand le réveil sonne, que les enfants sont en retard, que le travail attend et que l'humeur n'y est pas, que change tout cela ?
Paul répond en une phrase :
Colossiens 2:6-7 (LSG)
Ainsi donc, comme vous avez reçu le Seigneur Jésus-Christ, marchez en lui, étant enracinés et fondés en lui, et affermis par la foi, d'après les instructions qui vous ont été données, et abondez en actions de grâces.
« Comme vous l'avez reçu, marchez en lui. » On continue la vie chrétienne de la même manière qu'on l'a commencée. On ne l'a pas commencée par ses efforts, mais en recevant ce que Dieu donnait (leçon 5). On ne la continue pas autrement.
Si vous arrivez directement sur cette leçon, l'introduction du parcours présente les neuf étapes et la manière de les suivre.
#Commencé par la grâce, continué par la grâce
C'est le piège dans lequel tombent beaucoup de chrétiens sincères. Ils ont reçu le salut comme un don, puis ils se mettent à vivre la suite comme un examen : prier assez, lire assez, servir assez, pour rester dans les bonnes grâces de Dieu. Paul a posé la question à des chrétiens de Galatie tombés dans ce piège :
« Êtes-vous tellement dépourvus de sens ? Après avoir commencé par l'Esprit, voulez-vous maintenant finir par la chair ? » — Galates 3:3
La vie chrétienne n'est pas un règlement à respecter pour être aimé de Dieu. C'est une relation avec un Dieu qui nous aime déjà. Cela ne veut pas dire que l'obéissance n'a pas d'importance. Jésus dit : « Si vous m'aimez, gardez mes commandements » (Jean 14:15). Mais l'ordre compte : on n'obéit pas pour être aimé ; on obéit parce qu'on est aimé, et qu'on aime en retour.
La Bible appelle sanctification cette transformation qui dure toute la vie. Et elle refuse d'en faire soit l'œuvre de Dieu seul, soit l'œuvre de l'homme seul :
Philippiens 2:12-13 (LSG)
Ainsi, mes bien-aimés, comme vous avez toujours obéi, travaillez à votre salut avec crainte et tremblement, non seulement comme en ma présence, mais bien plus encore maintenant que je suis absent ; car c'est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir.
Le mot décisif est « car ». Paul ne dit pas : « faites votre part, et Dieu fera la sienne ». Il dit : travaillez, parce que Dieu travaille en vous. On ne produit pas la sainteté à la force du poignet. Mais on ne reste pas les bras croisés non plus : on court, on veille, on combat, parce qu'un autre est à l'œuvre en nous.
La sanctification est l'œuvre progressive du Saint-Esprit dans le croyant, par laquelle il est transformé à l'image de Christ, séparé du péché et consacré à Dieu, tout au long de sa vie. Elle n'est pas la justification : la justification est un verdict prononcé une fois (leçon 5) ; la sanctification est une transformation qui dure une vie. Voir aussi Sanctification.
#Rester attaché au cep
Jésus a donné une image qui résume tout. La veille de sa mort, il dit à ses disciples :
Jean 15:4-5 (LSG)
Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s'il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi. Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire.
Un sarment ne fait aucun effort pour produire du raisin. Il ne se crispe pas, il ne serre pas les dents. Il reste attaché au cep, et la sève fait le reste. Mais s'il se détache, il sèche, quels que soient ses efforts.
Toute la question de la vie chrétienne est donc : comment demeure-t-on attaché ? Dieu n'a pas laissé la réponse dans le vague. Il a donné des moyens concrets par lesquels il nourrit ses enfants. On les appelle parfois les « disciplines spirituelles ». On pourrait aussi les appeler les repas de l'âme.
Lire la Bible, prier, se réunir avec l'Église : rien de tout cela ne rapporte de points auprès de Dieu. Ce sont les canaux par lesquels il nous nourrit, comme les repas nourrissent le corps. On ne mange pas pour mériter de vivre ; on mange parce qu'on est vivant et qu'on a faim.
Un jour sans prière ne vous fait pas perdre l'amour de Dieu. Mais des mois sans nourriture vous affaiblissent, et le sarment se dessèche.
#La Parole : se nourrir
Le premier moyen, c'est l'Écriture, dont la leçon 2 a montré qu'elle est la Parole de Dieu. Le premier psaume décrit l'homme qui s'en nourrit :
« Mais qui trouve son plaisir dans la loi de l'Éternel, et qui la médite jour et nuit ! Il est comme un arbre planté près d'un courant d'eau, qui donne son fruit en sa saison, et dont le feuillage ne se flétrit point. » — Psaume 1:2-3
Remarquez l'image : un arbre ne se jette pas sur l'eau une fois par an, il y plonge ses racines en permanence. C'est la régularité, plus que la quantité, qui fait la différence.
La Parole ne fait pas que nous informer. Elle nous transforme : « Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l'intelligence » (Romains 12:2). Chaque jour, le monde qui nous entoure façonne notre manière de penser. La Parole la refaçonne selon Dieu. Et elle nous arme : au désert, Jésus a répondu au diable trois fois par un verset de l'Écriture (leçon 4). On ne peut pas se servir d'une épée qu'on n'a jamais tenue.
#La prière : parler avec son Père
Le deuxième moyen, c'est la prière. Si la Bible est Dieu qui nous parle, la prière est notre réponse.
La prière est la communion avec Dieu : lui parler et l'écouter. Elle comprend l'adoration (dire qui il est), la confession (reconnaître ses péchés), l'action de grâces (le remercier pour ce qu'il a fait) et la supplication (lui demander ce dont on a besoin, pour soi et pour les autres).
Ses disciples ont demandé à Jésus de leur apprendre à prier, et il leur a donné le « Notre Père » (Matthieu 6:9-13). Ce n'est pas d'abord une formule à réciter, mais un modèle. Il commence par Dieu : son nom, son règne, sa volonté. Puis seulement viennent nos besoins : le pain, le pardon, la protection. Prier, c'est d'abord remettre Dieu à sa place, et nos besoins à la leur.
Et la prière est le remède que Dieu propose à l'inquiétude :
Philippiens 4:6-7 (LSG)
Ne vous inquiétez de rien ; mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces. Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ.
Paul ne promet pas que tout ira comme nous le voulons. Il promet la paix de Dieu, qui « garde », comme une sentinelle, le cœur de celui qui prie. Et nous ne prions pas seuls : l'Esprit nous apprend à dire « Abba ! Père ! », et il intercède pour nous quand nous ne savons plus quoi dire (Romains 8:15, 26 ; leçon 6).
#L'Église : ne pas marcher seul
Le troisième moyen, la leçon 7 l'a longuement montré : c'est l'Église. On y reçoit l'enseignement, on y prend la Cène, on y prie ensemble, on s'y encourage. La braise qui reste dans le feu reste allumée. Et c'est là que se vivent tous les « les uns les autres » du Nouveau Testament.
#Toute la vie devient culte
On imagine parfois que la vie chrétienne se déroule le dimanche matin et pendant le temps de prière, et que le reste de la semaine est « neutre ». Le Nouveau Testament ne connaît pas cette séparation.
Romains 12:1 (LSG)
Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable.
Le culte, c'est toute la vie offerte à Dieu : le corps, donc les mains, la langue, le temps, l'argent. « Tout ce que vous faites, faites-le de bon cœur, comme pour le Seigneur et non pour des hommes » (Colossiens 3:23). Paul écrit cela à des esclaves, dont le travail était souvent pénible et ingrat. Si leur travail pouvait être fait pour le Seigneur, le vôtre aussi. Le dossier bouclé honnêtement, le repas préparé pour sa famille, la parole retenue au lieu de la colère : tout cela est du culte.
#Le témoignage : une lumière qui se voit
La foi n'est pas faite pour être gardée pour soi. Jésus envoie ses disciples être ses témoins (Actes 1:8), et chaque croyant est, selon le mot de Paul, un « ambassadeur pour Christ » (2 Corinthiens 5:20).
Le témoignage passe d'abord par la vie : « Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu'ils voient vos bonnes œuvres, et qu'ils glorifient votre Père qui est dans les cieux » (Matthieu 5:16). Mais il passe aussi par les paroles :
1 Pierre 3:15 (LSG)
Mais sanctifiez dans vos cœurs Christ le Seigneur, étant toujours prêts à vous défendre, avec douceur et respect, devant quiconque vous demande raison de l'espérance qui est en vous.
Trois choses dans ce verset. Être prêt : savoir dire simplement ce que l'on croit et pourquoi. Ce parcours vous y a préparé. Quand on vous le demande : le témoignage répond souvent à une question que notre vie a suscitée. Avec douceur et respect : on ne gagne pas les gens en gagnant des débats.
#Quand on tombe, quand on souffre
La vie chrétienne n'est pas une ligne droite qui monte. Elle connaît des combats, des chutes, des épreuves. Il vaut mieux le savoir dès le départ.
Il y a la tentation. Elle ne disparaît pas le jour où l'on croit. Mais Dieu promet qu'elle ne dépassera jamais nos forces :
« Aucune tentation ne vous est survenue qui n'ait été humaine, et Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au delà de vos forces ; mais avec la tentation il préparera aussi le moyen d'en sortir, afin que vous puissiez la supporter. » — 1 Corinthiens 10:13
Il y a les chutes. Tout croyant pèche encore : « Si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes » (1 Jean 1:8). La question n'est pas de savoir si l'on tombera, mais ce qu'on fera en tombant. Le chemin est simple : « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner » (1 Jean 1:9). Et « si quelqu'un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste » (1 Jean 2:1). Le verdict de Dieu ne change pas à chaque faute (leçon 5). Pierre a renié Jésus trois fois ; Jésus l'a relevé et lui a confié ses brebis (Jean 21:15-17). « Car sept fois le juste tombe, et il se relève » (Proverbes 24:16).
Il y a les épreuves. Maladie, deuil, injustice, échecs : la foi ne vaccine pas contre la souffrance. Mais elle lui donne un sens. « Mes frères, regardez comme un sujet de joie complète les diverses épreuves auxquelles vous pouvez être exposés, sachant que l'épreuve de votre foi produit la patience » (Jacques 1:2-3). Et « toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu » (Romains 8:28) : non pas que toutes choses soient bonnes, mais que Dieu ne laisse rien se perdre. La question Pourquoi Dieu permet-il la souffrance ? va plus loin.
#Une course, et une ligne d'arrivée
La Bible compare souvent la vie chrétienne à une course de fond. Pas un sprint : une course où l'on tient la distance.
Hébreux 12:1-2 (LSG)
Nous donc aussi, puisque nous sommes environnés d'une si grande nuée de témoins, rejetons tout fardeau, et le péché qui nous enveloppe si facilement, et courons avec persévérance dans la carrière qui nous est ouverte, ayant les regards sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi, qui, en vue de la joie qui lui était réservée, a souffert la croix, méprisé l'ignominie, et s'est assis à la droite du trône de Dieu.
Le secret de la persévérance n'est pas dans le coureur. Il est dans celui qu'il regarde : Jésus, qui a commencé la foi et qui l'achève. « Je suis persuadé que celui qui a commencé en vous cette bonne œuvre la rendra parfaite pour le jour de Jésus-Christ » (Philippiens 1:6). Dieu est fidèle, et il ne lâche pas ceux qui s'attachent à lui. Mais la course se court jusqu'au bout : « nous sommes devenus participants de Christ, pourvu que nous retenions fermement jusqu'à la fin l'assurance que nous avions au commencement » (Hébreux 3:14). On ne perd pas le salut en trébuchant ; on le perd en quittant la course (leçon 5).
Et il y a une ligne d'arrivée. La course ne se court pas dans le vide : elle a un terme, et ce terme donne son sens à chaque pas. C'est l'objet de la dernière leçon.
- On continue la vie chrétienne comme on l'a commencée : par grâce, en recevant, et non en essayant de mériter ce qu'on a déjà reçu.
- La sanctification est l'œuvre de Dieu et du croyant : on travaille parce que Dieu travaille en nous.
- On porte du fruit en restant attaché à Christ, par les moyens qu'il donne : la Parole, la prière et l'Église. Ce sont des repas, pas des mérites.
- Toute la vie devient culte, jusqu'au travail du lundi, et toute la vie devient témoignage.
- Les tentations, les chutes et les épreuves font partie du chemin. Dieu relève celui qui tombe, et il achève ce qu'il a commencé.
Fixez un rendez-vous quotidien. Un moment et un lieu : dix minutes le matin, avant que la journée commence, ou le soir, quand elle s'achève. Un passage de la Bible, lu lentement ; une prière qui suit le modèle du « Notre Père ». Commencez petit, mais tenez.
Offrez votre lundi. Avant de commencer votre travail, dites à Dieu que vous le faites pour lui. Cela changera la manière dont vous le faites.
Préparez votre réponse. Écrivez en quelques lignes, avec vos mots, ce que vous croyez et pourquoi. Le jour où quelqu'un vous demandera raison de votre espérance, vous serez prêt.
Quand vous tombez, relevez-vous tout de suite. N'attendez pas d'avoir « mérité » de revenir. Confessez, recevez le pardon, et reprenez la course.
Parmi la Parole, la prière et l'Église, lequel de ces moyens est aujourd'hui le plus absent de votre vie ? Qu'est-ce qui vous en tient éloigné, et quel premier pas pourriez-vous faire cette semaine ?
#Vers la leçon 9 : Quelle est l'espérance chrétienne ?
Nous avons parlé d'une course, et d'un Dieu qui achève ce qu'il a commencé. Mais qu'y a-t-il au bout ? Que se passe-t-il quand un croyant meurt ? Christ reviendra-t-il vraiment ? Et que deviendront ceux qui l'auront refusé ?
L'Écriture ne laisse pas ces questions sans réponse. C'est le sujet de la dernière leçon de ce parcours.