Leçon 7 / 9

Qu'est-ce que l'Église ?

« Je crois en Dieu, mais pas en l'Église. » La phrase est courante. Le Nouveau Testament, lui, ne connaît pas un seul chrétien sans Église, et il appelle l'Église le corps, la maison et l'épouse de Christ.

« Je crois en Dieu, mais pas en l'Église. » Vous avez sans doute déjà entendu cette phrase, peut-être même prononcée. Elle a souvent de bonnes raisons : une Église qui a déçu, un responsable qui a blessé, des chrétiens dont la vie contredisait les paroles. Pour beaucoup, l'Église évoque d'abord un bâtiment, une institution, des rites, et la foi semble plus authentique vécue seul, entre soi et Dieu.

Le Nouveau Testament ne connaît pourtant pas un seul chrétien qui vive sa foi hors de l'Église. Et il parle de l'Église avec des mots qui surprennent : il l'appelle le corps de Christ, la maison de Dieu, l'épouse pour laquelle Christ s'est livré.

La leçon précédente s'est terminée sur ce constat : le Saint-Esprit ne fait pas des croyants isolés, il les baptise « dans un seul Esprit, pour former un seul corps » (1 Corinthiens 12:13). Qu'est-ce que ce corps ? C'est l'objet de cette leçon.

Si vous arrivez directement sur cette leçon, l'introduction du parcours présente les neuf étapes et la manière de les suivre.

#Pas un bâtiment : un peuple

Quand le Nouveau Testament parle de l'Église, il ne parle jamais d'un bâtiment. Les premiers chrétiens n'en avaient pas : ils se réunissaient dans des maisons (Romains 16:5), au bord d'une rivière (Actes 16:13), dans une salle louée (Actes 19:9). L'Église, ce sont des personnes.

Ekklesia : l'assemblée

Le mot traduit « Église » est le grec ἐκκλησία — ekklesia. On l'explique souvent par son étymologie : ek, hors de, et kaleō, appeler, « ceux qui sont appelés hors du monde ». L'image est juste, mais à l'époque le mot voulait simplement dire assemblée : Luc l'emploie même pour une foule en émeute dans le théâtre d'Éphèse (Actes 19:32).

La nouveauté n'est donc pas dans le mot, mais dans ce qu'il désigne : l'assemblée de ceux qui appartiennent à Christ.

Église

L'Église est l'ensemble de ceux qui ont cru en Jésus-Christ et ont été baptisés par le Saint-Esprit dans son corps (l'Église universelle). Elle prend forme dans des assemblées locales, où les croyants se réunissent pour adorer Dieu, recevoir l'enseignement de sa Parole, vivre la communion fraternelle et annoncer l'Évangile (l'Église locale).

#Un peuple né à la Pentecôte

Au milieu de son ministère, Jésus fait une annonce :

Matthieu 16:18 (LSG)


Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle.

« Je bâtirai » : au futur. L'Église n'existe pas encore quand Jésus parle. Elle naît le jour de la Pentecôte, quand l'Esprit est répandu et que trois mille personnes se joignent aux disciples (Actes 2:41). C'est ce jour-là que commence le baptême de l'Esprit qui forme le corps (1 Corinthiens 12:13 ; Actes 11:15-16).

Et ce corps a une particularité que l'Ancien Testament ne laissait pas deviner. Juifs et non-Juifs n'y sont pas simplement voisins : ils forment ensemble un seul corps, à égalité, sans que les seconds aient à devenir juifs. Christ a renversé « le mur de séparation » pour « créer en lui-même avec les deux un seul homme nouveau » (Éphésiens 2:14-15). Paul appelle cela un « mystère », une vérité autrefois cachée et maintenant révélée (Éphésiens 3:6). La leçon La Grâce, dans le parcours Les 7 Dispensations, développe ce point.

#Un corps, une maison, une épouse

Pour dire ce qu'est l'Église, le Nouveau Testament utilise plusieurs images. Trois reviennent souvent.

Un corps. Christ en est la tête (Colossiens 1:18), et chaque croyant en est un membre. Un corps a besoin de tous ses membres, et ils ne sont pas tous pareils : « L'œil ne peut pas dire à la main : Je n'ai pas besoin de toi » (1 Corinthiens 12:21). Personne n'est de trop, et personne ne se suffit à lui-même. C'est là que prennent sens les dons de l'Esprit vus dans la leçon 6 : ils sont donnés à chaque membre pour le bien de tout le corps.

Une maison. Dans l'Ancien Testament, Dieu habitait au Temple de Jérusalem. Désormais, il habite en son peuple :

« Et vous-mêmes, comme des pierres vivantes, édifiez-vous pour former une maison spirituelle, un saint sacerdoce, afin d'offrir des victimes spirituelles, agréables à Dieu, par Jésus-Christ. » — 1 Pierre 2:5

Une pierre seule n'est pas une maison. Elle le devient en étant ajustée aux autres.

Une épouse. C'est l'image la plus tendre. « Christ a aimé l'Église, et s'est livré lui-même pour elle » (Éphésiens 5:25). Quand on dit du mal de l'Église, il faut se souvenir qu'on parle de celle que Christ aime au point d'être mort pour elle. Il ne la trouve pas parfaite, mais il s'est engagé à la rendre telle, « sans tache, ni ride, ni rien de semblable » (Éphésiens 5:27).

#L'Église universelle et l'Église locale

Le mot « Église » a deux sens dans le Nouveau Testament.

L'Église universelle comprend tous ceux qui, depuis la Pentecôte, ont été unis à Christ par la foi, partout dans le monde, vivants ou déjà auprès du Seigneur. Elle est invisible dans son ensemble : aucune dénomination, aucune organisation ne peut prétendre la contenir tout entière. Seul Dieu en connaît tous les membres.

L'Église locale est l'assemblée visible de croyants qui se réunissent régulièrement en un lieu donné. Paul écrit « à l'Église de Dieu qui est à Corinthe » (1 Corinthiens 1:2), « aux Églises de la Galatie » (Galates 1:2). C'est là que l'Église universelle devient concrète : on ne peut pas aimer, servir ou encourager l'Église universelle en général, mais on peut le faire pour des frères et des sœurs qui ont un nom et un visage.

Le livre des Actes décrit la première Église locale, à Jérusalem, en une phrase qui en donne les marques essentielles :

Actes 2:42 (LSG)


Ils persévéraient dans l'enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain, et dans les prières.

L'enseignement des apôtres, c'est-à-dire ce que nous avons aujourd'hui dans le Nouveau Testament. La communion fraternelle, une vie partagée, jusqu'aux biens matériels (Actes 2:44-45). La fraction du pain, la Cène, dont nous parlerons plus bas. Les prières, ensemble. Et à cela s'ajoute la mission : l'Église n'existe pas seulement pour elle-même. Jésus l'envoie « faire de toutes les nations des disciples » (Matthieu 28:19), et être ses témoins « jusqu'aux extrémités de la terre » (Actes 1:8).

#Peut-on être chrétien sans Église ?

La question est légitime, et la réponse du Nouveau Testament est claire :

Hébreux 10:24-25 (LSG)


Veillons les uns sur les autres, pour nous exciter à la charité et aux bonnes œuvres. N'abandonnons pas notre assemblée, comme c'est la coutume de quelques-uns ; mais exhortons-nous réciproquement, et cela d'autant plus que vous voyez s'approcher le jour.

Remarquez l'expression « les uns les autres ». Elle revient sans cesse dans le Nouveau Testament : aimez-vous les uns les autres (Jean 13:34), portez les fardeaux les uns des autres (Galates 6:2), encouragez-vous les uns les autres (1 Thessaloniciens 5:11), confessez vos péchés les uns aux autres et priez les uns pour les autres (Jacques 5:16). Aucun de ces commandements ne peut être obéi seul. La vie chrétienne, telle que Dieu l'a voulue, se vit avec d'autres.

Une vieille image le dit simplement. Retirez une braise du feu et posez-la seule sur le côté : elle rougeoie encore un moment, puis elle s'éteint. Remettez-la au milieu des autres, et elle reprend. Beaucoup de chrétiens qui ont quitté toute communauté ne l'ont pas décidé d'un coup : leur foi s'est simplement refroidie, peu à peu.

« L'Église est pleine d'hypocrites »

C'est vrai : l'Église est pleine de pécheurs. Elle n'a jamais prétendu le contraire. Elle n'est pas un club de gens parfaits, mais un lieu où des pécheurs pardonnés apprennent ensemble à suivre Christ. Si vous attendez de trouver une Église parfaite, vous n'en trouverez jamais, et le jour où vous la trouveriez, elle cesserait de l'être en vous accueillant.

Cela ne veut pas dire qu'il faut tout accepter. Certaines Églises blessent, manipulent, ou ont abandonné l'Évangile. Quitter un lieu malsain peut être nécessaire. Mais la réponse à une mauvaise Église n'est pas l'absence d'Église : c'est une Église plus fidèle.

#Le baptême : l'entrée dans la vie en Christ

Jésus a institué deux actes que l'Église pratique depuis ses débuts : le baptême et la Cène. Ce ne sont ni des rites magiques, ni de simples symboles : Dieu y agit, et la foi y reçoit.

Le baptême est le premier. Jésus l'a ordonné avant de quitter ses disciples : « Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » (Matthieu 28:19). Et dans le livre des Actes, l'ordre est toujours le même : on croit, puis on est baptisé. « Ceux qui acceptèrent sa parole furent baptisés » (Actes 2:41). À Samarie, « quand ils eurent cru à Philippe […], hommes et femmes se firent baptiser » (Actes 8:12). À Corinthe, « plusieurs Corinthiens, qui avaient entendu Paul, crurent aussi, et furent baptisés » (Actes 18:8).

Jésus lui-même a uni la foi et le baptême dans une même promesse :

Marc 16:16 (LSG)


Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné.

Regardez bien la construction de la phrase. Dans la promesse, Jésus nomme la foi et le baptême : « celui qui croira et qui sera baptisé ». Dans l'avertissement, il ne nomme que la foi : « celui qui ne croira pas ». Il ne dit pas « celui qui ne croira pas et ne sera pas baptisé ». Le baptême n'a aucune efficacité sans la foi : la foi est première. Mais là où la foi est présente, le baptême n'est pas un détail que l'on pourrait négliger : Jésus l'associe au salut.

C'est pour cela que les apôtres y insistent tant. Le jour de la Pentecôte, à la foule qui demande « que ferons-nous ? », Pierre répond : « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit » (Actes 2:38). À Saul, qui vient de rencontrer le Christ sur le chemin de Damas, Ananias dit : « Et maintenant, que tardes-tu ? Lève-toi, sois baptisé, et lavé de tes péchés, en invoquant le nom du Seigneur » (Actes 22:16).

Dans le modèle apostolique, c'est donc dans le baptême que le pardon est donné, et que l'Esprit est promis. David demandait déjà : « Lave-moi complètement de mon iniquité, et purifie-moi de mon péché » (Psaume 51:4). Paul dit que Christ a purifié son Église « par le baptême d'eau » (Éphésiens 5:26). Et le baptême est la forme complète de la confession que demande Romains 10:9-10 : la foi du cœur, confessée de la bouche, devant les hommes.

Pierre écrit plus tard que le baptême « maintenant vous sauve », en précisant aussitôt qu'il n'est pas « la purification des souillures du corps, mais l'engagement d'une bonne conscience envers Dieu » (1 Pierre 3:21). Ce n'est pas l'eau qui agit, c'est Dieu, et il agit par la foi : dans le baptême, dit Paul, « vous êtes aussi ressuscités en lui et avec lui, par la foi en la puissance de Dieu » (Colossiens 2:12). Le baptême n'est donc pas une œuvre qui viendrait compléter la grâce (leçon 5) : on ne se baptise pas soi-même, on est baptisé. C'est Dieu qui agit, et le croyant reçoit.

Que signifie ce geste ? Paul l'explique :

Romains 6:3-4 (LSG)


Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c'est en sa mort que nous avons été baptisés ? Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie.

Le croyant qui descend dans l'eau est enseveli avec Christ : sa vieille vie est morte. Celui qui en ressort est ressuscité avec lui pour une vie nouvelle. Le baptême est à la fois ce que Dieu accomplit en celui qui croit, une confession publique de sa foi, et son entrée visible dans l'Église.

Baptizō : plonger

Le verbe grec βαπτίζω — baptizō signifie plonger, immerger. C'est ce que suggèrent les récits : Jean baptisait à Énon « parce qu'il y avait là beaucoup d'eau » (Jean 3:23), et Philippe et l'eunuque éthiopien « descendirent tous deux dans l'eau », puis « sortirent de l'eau » (Actes 8:38-39). C'est aussi ce qu'exige l'image de Romains 6 : on n'ensevelit pas quelqu'un sous quelques gouttes. Ce parcours suit donc le baptême des croyants par immersion.

D'autres Églises (catholique, orthodoxe, luthérienne, réformée) baptisent aussi les enfants de parents croyants, en voyant dans le baptême le signe de l'alliance, comme l'était la circoncision. Mais dans tous les baptêmes que rapporte le Nouveau Testament, la foi précède le baptême.

La règle, la priorité, les exceptions

La règle : croire et être baptisé. C'est ce que Jésus ordonne (Matthieu 28:19 ; Marc 16:16) et ce que les apôtres pratiquent dans le livre des Actes, où le baptême suit aussitôt la confession de foi (Actes 2:41 ; 16:33). C'est dans le baptême qu'ils annoncent le pardon des péchés et le don de l'Esprit (Actes 2:38 ; 22:16). Celui qui croit et qui peut être baptisé ne néglige pas ce que Jésus a lié au salut.

La priorité : la foi. Sans elle, le baptême n'a aucun effet, et c'est l'incrédulité seule que Jésus condamne (Marc 16:16).

Les exceptions : le brigand sur la croix, qui a cru et n'a pas pu être baptisé, et à qui Jésus a promis le paradis (Luc 23:43, leçon 5) ; celui qui a cru et meurt avant d'avoir pu être baptisé ; ou Corneille et les siens, qui reçoivent l'Esprit avant le baptême, et que Pierre fait aussitôt baptiser (Actes 10:44-48). Dieu nous a liés au baptême ; il n'est pas lié lui-même par le signe qu'il a donné, quand il est impossible de le recevoir.

Une note sur le texte : la finale de l'Évangile de Marc (16:9-20) est absente de deux des plus anciens manuscrits grecs. Mais ce qu'elle dit du baptême est confirmé ailleurs (Actes 2:38 ; 22:16 ; 1 Pierre 3:21) : cet enseignement ne repose pas sur ce seul passage.

Il ne faut pas confondre le baptême d'eau avec le baptême de l'Esprit, mais le Nouveau Testament les tient ensemble, comme l'a montré la leçon 6 : « que chacun de vous soit baptisé […] et vous recevrez le don du Saint-Esprit » (Actes 2:38). Voir aussi Baptême.

#La Cène : le repas du Seigneur

Le baptême se reçoit une fois. La Cène se prend régulièrement. Jésus l'a instituée la nuit de son arrestation, pendant le repas de la Pâque juive :

1 Corinthiens 11:23-26 (LSG)


Car j'ai reçu du Seigneur ce que je vous ai enseigné ; c'est que le Seigneur Jésus, dans la nuit où il fut livré, prit du pain, et, après avoir rendu grâces, le rompit, et dit : Ceci est mon corps, qui est rompu pour vous ; faites ceci en mémoire de moi. De même, après avoir soupé, il prit la coupe, et dit : Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang ; faites ceci en mémoire de moi toutes les fois que vous en boirez. Car toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne.

La Cène regarde dans trois directions.

Vers le passé : c'est un mémorial. « Faites ceci en mémoire de moi. » L'Église se souvient de la croix. Mais la mémoire biblique n'est pas un simple souvenir : quand Israël célébrait la Pâque, chaque père devait dire à son fils : « C'est en mémoire de ce que l'Éternel a fait pour moi, lorsque je suis sorti d'Égypte » (Exode 13:8). Pour moi, disait-il, même des siècles après la sortie d'Égypte. De même, à la Cène, la croix n'est pas seulement rappelée : elle est rendue présente à la foi de ceux qui la célèbrent.

Vers le présent : c'est une communion, avec le Christ présent. Écoutez les mots de Jésus tels que Matthieu les rapporte :

Matthieu 26:26-28 (LSG)


Pendant qu'ils mangeaient, Jésus prit du pain ; et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le donna aux disciples, en disant : Prenez, mangez, ceci est mon corps. Il prit ensuite une coupe ; et, après avoir rendu grâces, il la leur donna, en disant : Buvez-en tous ; car ceci est mon sang, le sang de l'alliance, qui est répandu pour plusieurs, pour la rémission des péchés.

Jésus ne dit pas « ceci représente mon corps » ou « ceci est le symbole de mon sang ». Il dit : « ceci est mon corps », « ceci est mon sang ». Il identifie le pain à son corps et le vin à son sang. Et Paul parle dans le même sens :

1 Corinthiens 10:16-17 (LSG)


La coupe de bénédiction que nous bénissons, n'est-elle pas la communion au sang de Christ ? Le pain que nous rompons, n'est-il pas la communion au corps de Christ ? Puisqu'il y a un seul pain, nous qui sommes plusieurs, nous formons un seul corps ; car nous participons tous à un même pain.

C'est pourquoi celui qui mange le pain ou boit la coupe indignement « sera coupable envers le corps et le sang du Seigneur », et celui qui le fait « sans discerner le corps du Seigneur » mange et boit un jugement contre lui-même (1 Corinthiens 11:27, 29). On ne peut pas être coupable envers un simple symbole.

La Cène n'est donc pas qu'un symbole. Christ est présent dans le pain et le vin, réellement. Et il est présent par son Esprit au milieu de ceux qui les reçoivent avec foi : ils communient réellement avec lui, et entre eux. Le pain unique dit aussi l'unité du corps : on ne peut pas prendre la Cène en étant en guerre avec son frère.

Vers l'avenir : c'est une annonce. « Jusqu'à ce qu'il vienne. » Chaque Cène regarde vers le retour de Christ, et vers le repas qu'il partagera avec les siens dans le royaume (Matthieu 26:29).

Ce que la Cène est, ce qu'elle n'est pas

En Matthieu 26:26, « ceci est mon corps » se dit en grec τοῦτό ἐστιν τὸ σῶμά μου — touto estin to sōma mou. Le verbe est estin, « est ». Et le mot traduit « communion » en 1 Corinthiens 10:16 est κοινωνία — koinōnia : une participation réelle, un partage. La Cène n'est donc pas un simple rappel mental : c'est une rencontre avec le Christ vivant, présent dans le pain et le vin et par son Esprit.

Mais elle n'est pas un nouveau sacrifice. Christ « a offert un seul sacrifice pour les péchés » (Hébreux 10:12), et « par une seule offrande, il a amené à la perfection pour toujours ceux qui sont sanctifiés » (Hébreux 10:14). À la Cène, le Christ est présent ; il n'est pas offert de nouveau. Le sacrifice n'y est pas renouvelé : il y est reçu.

D'autres chrétiens ne voient dans la Cène qu'un symbole, et comprennent « ceci est » au sens de « ceci représente ». Mais le texte ne le dit pas. La manière dont Christ est présent reste un mystère que l'Écriture n'explique pas ; ce qu'elle affirme, c'est qu'il l'est. On n'y vient donc pas à la légère : « Que chacun donc s'éprouve soi-même, et qu'ainsi il mange du pain et boive de la coupe » (1 Corinthiens 11:28). S'éprouver ne veut pas dire être parfait, mais venir en croyant, en ayant confessé son péché, et réconcilié avec ses frères. Voir aussi Cène.

#Qui conduit l'Église ?

La tête de l'Église, c'est Christ. Pierre l'appelle « le souverain pasteur » (1 Pierre 5:4). Mais il a confié à certains hommes la charge de veiller sur son troupeau.

Les anciens. Dans le Nouveau Testament, chaque Église locale est conduite par plusieurs anciens, jamais par un seul homme : Paul et Barnabas « firent nommer des anciens dans chaque Église » (Actes 14:23), et Paul demande à Tite d'en établir « dans chaque ville » (Tite 1:5). Pierre, qui était pourtant apôtre, s'adresse à eux comme l'un des leurs :

1 Pierre 5:1-3 (LSG)


Voici les exhortations que j'adresse aux anciens qui sont parmi vous, moi ancien comme eux, témoin des souffrances de Christ, et participant de la gloire qui doit être manifestée : paissez le troupeau de Dieu qui est sous votre garde, non par contrainte, mais volontairement, selon Dieu ; non pour un gain sordide, mais avec dévouement ; non comme dominant sur ceux qui vous sont échus en partage, mais en étant les modèles du troupeau.

« Moi ancien comme eux. » L'apôtre ne se place pas au-dessus du collège des anciens : il en fait partie. Il en va de même des ministères que Christ a donnés à son Église, « les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs » (Éphésiens 4:11) : ils s'exercent au sein des anciens, et non au-dessus d'eux. Et leur but est précis : « le perfectionnement des saints en vue de l'œuvre du ministère » (Éphésiens 4:12). Les responsables ne font pas le travail à la place de l'Église : ils équipent chaque croyant pour qu'il serve.

Ancien, évêque, pasteur : trois noms, une charge

Le Nouveau Testament emploie trois mots pour la même fonction :

  • πρεσβύτερος — presbyteros, ancien : il dit la maturité ;
  • ἐπίσκοπος — episkopos, surveillant, traduit « évêque » : il dit la responsabilité de veiller ;
  • ποιμήν — poimēn, berger, traduit « pasteur » : il dit le soin du troupeau.

Paul fait venir à Milet « les anciens de l'Église » d'Éphèse (Actes 20:17), puis leur dit que le Saint-Esprit les a établis « évêques, pour paître l'Église du Seigneur » (Actes 20:28). Les mêmes hommes portent les trois noms.

Les qualités exigées d'un ancien ne sont pas d'abord des compétences, mais un caractère : être irréprochable, fidèle dans son couple, sobre, hospitalier, capable d'enseigner, doux, désintéressé, et bien conduire sa propre maison (1 Timothée 3:1-7 ; Tite 1:5-9).

Les diacres. Le mot grec diakonos signifie simplement « serviteur ». Quand l'Église de Jérusalem a grandi, des veuves ont été négligées dans la distribution quotidienne. Les apôtres ont alors fait choisir sept hommes « de qui l'on rende un bon témoignage, qui soient pleins d'Esprit-Saint et de sagesse » pour s'en occuper, afin de pouvoir continuer à se consacrer « à la prière et au ministère de la parole » (Actes 6:1-6). Les diacres prennent en charge le service pratique de l'Église. Paul salue « les évêques et les diacres » de Philippes (Philippiens 1:1), et fixe pour eux aussi des exigences de caractère (1 Timothée 3:8-13).

Résumé
  • L'Église n'est pas un bâtiment ni une institution, mais un peuple : l'assemblée de ceux qui appartiennent à Christ.
  • Elle est née à la Pentecôte, et elle réunit Juifs et non-Juifs en un seul corps.
  • Elle est le corps de Christ, la maison de Dieu, l'épouse que Christ aime.
  • Elle est universelle, et elle prend forme dans des Églises locales, marquées par l'enseignement, la communion, la Cène, la prière et la mission.
  • On ne peut pas vivre la foi chrétienne seul : les commandements du Nouveau Testament se vivent « les uns les autres ».
  • Croire et être baptisé par immersion : c'est la règle que Jésus a donnée, et la foi en est la priorité. La Cène est un mémorial, une communion avec Christ présent dans le pain et le vin et par son Esprit, et une annonce de son retour.
  • Christ est la tête de l'Église ; il la fait conduire par des anciens, et servir par des diacres.
Ce que cela change

Si vous n'avez pas d'Église, cherchez-en une. Pas une Église parfaite : une Église fidèle. Où la Bible est prêchée et prise au sérieux. Où l'Évangile de la grâce est clairement annoncé. Où l'on pratique le baptême et la Cène. Où l'on s'aime concrètement. Où les responsables sont des serviteurs, et non des maîtres.

Si vous avez une Église, passez de spectateur à membre. Venir le dimanche est un début. Connaître les autres par leur nom, prier pour eux, servir avec les dons que vous avez reçus, c'est être un membre du corps.

Si vous avez cru sans avoir été baptisé, parlez-en aux responsables de votre Église, et ne tardez pas : « que tardes-tu ? Lève-toi, sois baptisé » (Actes 22:16). Jésus a lié le baptême à la foi qui sauve.

Question de réflexion

Faites-vous partie d'une Église locale ? Quelle place cette communauté occupe-t-elle dans votre vie de foi : un lieu où l'on vient recevoir, ou un corps auquel on appartient ? Quelles raisons pourrait-on avoir de s'en éloigner, et que répondrait la Bible à ces raisons ?

#Vers la leçon 8 : Comment vivre la foi chrétienne ?

Nous avons parcouru les fondements : qui est Dieu, ce qu'est sa Parole, ce qu'est le péché, qui est Jésus-Christ, comment on est sauvé, qui est le Saint-Esprit, ce qu'est l'Église.

Reste une question, la plus concrète de toutes. Lundi matin, quand on se lève, que change tout cela ? Comment vit-on, au jour le jour, avec Dieu ? C'est la question de la prochaine leçon.

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