Catégorie : Théologie propre
La création dit que Dieu a fait le monde. La providence dit qu'il ne l'a pas quitté.
#Définition
La providence est l'action continue par laquelle Dieu soutient tout ce qu'il a créé, gouverne l'histoire et la conduit vers la fin qu'il a fixée. Il accomplit infailliblement ce qu'il a résolu. Mais il ne contrôle pas les actes libres des hommes : il les connaît d'avance, il les permet, il leur fixe des limites, et il les fait servir à son dessein, sans jamais être l'auteur du mal qu'ils commettent.
#Trois aspects
| Aspect | Ce qu'il affirme | Référence |
|---|---|---|
| Conservation | Rien ne subsiste de soi-même : Dieu soutient toutes choses à chaque instant | Colossiens 1:17 ; Hébreux 1:3 |
| Permission et limite | Dieu laisse l'homme agir librement, mais il borne le mal | Job 1:12 ; 1 Corinthiens 10:13 |
| Gouvernement | L'histoire va là où Dieu l'a résolu, et ses promesses s'accomplissent | Actes 2:23 ; Ésaïe 46:10 |
#La croix : prévue, et librement commise
Actes 2:23 (Segond)
Cet homme, livré selon le dessein arrêté et selon la prescience de Dieu, vous l'avez crucifié, vous l'avez fait mourir par la main des impies.
Pierre tient les deux dans la même phrase. La croix était voulue et annoncée d'avance : Dieu l'avait résolue, et les prophètes l'avaient décrite (Ésaïe 53). Et pourtant, ceux qui l'ont crucifié l'ont fait « par la main des impies » : Pierre les en tient pour responsables, et les appelle à se repentir (Actes 2:38). Dieu savait ce qu'ils feraient. Il ne les a pas poussés à le faire.
#Le mal changé en bien
Genèse 50:20 (Segond)
Vous aviez médité de me faire du mal : Dieu l'a changé en bien, pour accomplir ce qui arrive aujourd'hui, pour sauver la vie à un peuple nombreux.
Les frères de Joseph ont voulu le mal, librement, et ils en sont responsables. Dieu ne le leur a pas inspiré. Il a pris ce qu'ils avaient fait, et il l'a changé en bien. C'est toute la différence entre un Dieu qui cause le mal et un Dieu qui en tire le bien.
#Ce que la providence n'est pas
- Le déterminisme. Si Dieu contrôlait chaque acte libre, il serait l'auteur de chaque meurtre, de chaque mensonge, de chaque trahison. L'Écriture le refuse : « Dieu ne peut être tenté par le mal, et il ne tente lui-même personne » (Jacques 1:13). La responsabilité de l'homme est réelle parce que sa liberté l'est.
- Le fatalisme. Un destin aveugle ne va nulle part ; la providence a un but, et une personne qui le poursuit.
- Le déisme. Un horloger qui remonte le mécanisme puis s'éloigne. L'Écriture dit que Dieu soutient toutes choses à chaque instant (Hébreux 1:3), et qu'il n'est « pas loin de chacun de nous » (Actes 17:27).
#Pourquoi cela compte en pratique
Romains 8:28 ne promet pas que tout ce qui arrive est voulu par Dieu, ni que tout est bien. Il promet que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu. La différence est considérable : le mal reste le mal, commis par ceux qui l'ont choisi, et Dieu ne le laisse pas avoir le dernier mot.