Pourquoi Dieu permet-il la souffrance ?

L'Écriture ne fournit pas de système qui expliquerait chaque douleur. Elle dit d'où vient le mal, ce que Dieu en fait, et ce qu'il a accepté d'en subir.

Débutant

C'est la question la plus posée, et la seule qui soit presque toujours posée par quelqu'un qui souffre. Une réponse qui ne tiendrait pas compte de cela serait fausse avant d'être examinée.

#La forme classique de l'objection

Le trilemme

Si Dieu est bon, il veut supprimer le mal. S'il est tout-puissant, il le peut. Or le mal existe.

L'argument est ancien — Épicure, repris par Hume. Il suppose une prémisse qu'il n'énonce pas : qu'un Dieu bon supprimerait le mal immédiatement.

Cette prémisse est précisément ce que l'Écriture refuse. Non parce que Dieu tolérerait le mal, mais parce qu'il a choisi de le vaincre autrement, et plus tard.

#D'où vient le mal

L'Écriture ne le fait remonter ni à la création ni à Dieu. Genèse 1:31 : Dieu vit tout ce qu'il avait fait, et voici, cela était très bon. La souffrance entre par une rupture — voir Péché.

Ce déplacement compte : le monde tel qu'il est n'est pas le monde tel qu'il a été voulu.

#Ce que l'Écriture ne fait pas

Trois réponses qu'elle refuse
  • « Tu l'as mérité. » C'est la thèse des amis de Job — et Dieu la condamne explicitement (Job 42:7). Jésus la rejette aussi (Jean 9:3, Luc 13:1-5).
  • « Ce n'est pas si grave. » La Bible contient des lamentations entières. Jésus pleure devant un tombeau alors qu'il sait qu'il va le rouvrir (Jean 11:35).
  • « Voici l'explication. » Job ne reçoit jamais la réponse à sa question. Il reçoit autre chose : Dieu lui-même.

#Ce qu'elle dit à la place

1. Le mal reste le mal, et il est employé.

Genèse 50:20 (Segond)


Vous aviez médité de me faire du mal : Dieu l'a changé en bien, pour accomplir ce qui arrive aujourd'hui, pour sauver la vie à un peuple nombreux.

Joseph ne dit pas que ses frères ont bien agi. Il dit que Dieu a obtenu un bien par ce que d'autres voulaient mauvais. Romains 8:28 ne promet pas que tout est bien : il promet que toutes choses concourent.

2. Dieu n'y a pas échappé lui-même.

C'est la réponse propre au christianisme, et elle n'est pas une explication : la croix. Le Dieu à qui la question est adressée est celui qui a subi la trahison, la torture et la mort. Quelle que soit la distance entre nos douleurs et la sienne, il n'a pas répondu depuis l'extérieur.

3. Le délai a un objet.

2 Pierre 3:9 (Segond)


Le Seigneur ne tarde pas dans l'accomplissement de la promesse, comme quelques-uns le croient ; mais il use de patience envers vous, ne voulant pas qu'aucun périsse.

Supprimer le mal aujourd'hui supposerait de supprimer ceux qui le commettent. Le délai est ce que la patience coûte.

4. Le terme est annoncé.

Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus (Apocalypse 21:4). La promesse n'est pas que la souffrance sera expliquée, mais qu'elle prendra fin.

#Ce qui reste

Une part de la question demeure sans réponse, et l'Écriture ne le cache pas. Job n'obtient pas la sienne. Mais il cesse de la poser — non parce qu'on l'a convaincu, parce qu'il a vu à qui il parlait.

#Pour aller plus loin

Références bibliques

  • Genèse 50:20
  • Romains 8:28
  • Apocalypse 21:4

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