Catégorie : Sotériologie
« Ce que Dieu veut, c'est votre sanctification » (1 Thessaloniciens 4:3). Elle n'est pas réservée aux plus fervents : c'est ce que Dieu veut pour chacun des siens.
#Définition
La sanctification est l'œuvre progressive du Saint-Esprit dans le croyant, par laquelle il est transformé à l'image de Christ — séparé du péché et consacré à Dieu — tout au long de sa vie chrétienne.
#Le mot dit « mis à part », avant de dire « rendu meilleur »
Hagiazō signifie séparer pour un usage. Dans l'Ancien Testament, des ustensiles sont sanctifiés — non parce qu'ils s'améliorent, mais parce qu'ils cessent d'être ordinaires.
C'est pourquoi le Nouveau Testament appelle saints des chrétiens manifestement imparfaits : ceux de Corinthe, à qui Paul reproche ensuite tout au long de sa lettre. Le mot désigne d'abord une appartenance.
#Les trois dimensions
| Dimension | Temps | Description |
|---|---|---|
| Positionnelle | Passé (conversion) | Mis à part pour Dieu |
| Progressive | Présent (vie chrétienne) | Transformation graduelle |
| Définitive | Futur (glorification) | Perfection complète |
Les trois sont dans l'Écriture, souvent à quelques versets d'écart : c'est ce qui explique qu'un même texte puisse dire qu'un croyant est sanctifié et qu'il doit le devenir.
#Qui agit ?
C'est la question pratique, et l'Écriture refuse d'y choisir un seul camp.
Philippiens 2:12-13 (Segond)
Travaillez à votre salut avec crainte et tremblement… car c'est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir.
Le car est tout l'argument. Paul ne dit pas « faites votre part, Dieu fera la sienne » : il fonde l'effort du croyant sur l'action de Dieu. On travaille parce qu'un autre travaille.
Ce que Dieu fait
- Produit le vouloir et le faire
- Transforme par l'Esprit
- Garantit l'issue
Ce que le croyant fait
- Travaille, veille, combat
- Se soumet, obéit
- Demeure dans la foi jusqu'au bout
La garantie est réelle, mais elle n'est pas mécanique : elle porte sur celui qui continue de croire. Paul dit « avec crainte et tremblement » (Philippiens 2:12), et l'on ne tremble pas pour une issue qui ne dépendrait en rien de soi. Dieu achève ce qu'il a commencé (Philippiens 1:6) en celui qui demeure dans la foi (Colossiens 1:23 ; Hébreux 3:14). Voir Apostasie.
#Ce qu'elle n'est pas
- Le perfectionnisme — croire qu'un état sans péché est atteignable ici-bas. 1 Jean 1:8 le refuse explicitement.
- Le quiétisme — « laisser Dieu agir » et ne rien faire. L'Écriture emploie sans cesse des verbes d'effort : courir, combattre, veiller.
- Le moralisme — confondre la sanctification avec une meilleure conduite obtenue par la volonté seule. Elle produit des fruits, elle ne se réduit pas à eux.
#Distinction avec la justification
La justification est une déclaration, prononcée une fois ; la sanctification est une transformation, qui dure une vie : « nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire » (2 Corinthiens 3:18). Être justifié ne signifie donc pas être déjà parfaitement saint, et la lutte contre le péché est un signe de vie, non un démenti du verdict. Mais la justification ne rend pas la sanctification facultative : « Recherchez la paix avec tous, et la sanctification, sans laquelle personne ne verra le Seigneur » (Hébreux 12:14).