Catégorie : Ecclésiologie
Le baptême est le premier acte que Jésus demande à celui qui croit.
#Définition
Le baptême est l'acte institué par Jésus-Christ par lequel le croyant est plongé dans l'eau au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Dieu y unit à la mort et à la résurrection de Christ celui qui croit, et, selon le modèle apostolique, lui accorde le pardon des péchés et le don du Saint-Esprit. C'est aussi la confession publique et complète de sa foi, et son entrée visible dans l'Église.
#La règle, et sa priorité
Marc 16:16 (Segond)
Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné.
La phrase est construite avec soin. Dans la promesse, Jésus nomme la foi et le baptême. Dans l'avertissement, il ne nomme que la foi. Il ne dit pas « celui qui ne croira pas et ne sera pas baptisé ».
- La règle : croire et être baptisé. C'est ce que Jésus ordonne (Matthieu 28:19) et ce que les apôtres pratiquent, le baptême suivant aussitôt la confession de foi (Actes 2:41 ; 8:12 ; 16:33 ; 18:8). C'est dans le baptême qu'ils annoncent le pardon et le don de l'Esprit (Actes 2:38 ; 22:16), et Paul dit de Christ qu'il a sanctifié l'Église « après l'avoir purifiée par le baptême d'eau » (Éphésiens 5:26).
- La priorité : la foi. Sans elle, le baptême n'a aucun effet (Colossiens 2:12, « par la foi en la puissance de Dieu »).
- Les exceptions : celui qui a cru et n'a pas pu être baptisé, comme le brigand sur la croix (Luc 23:43), ou le croyant mort avant d'avoir pu l'être ; et Corneille, qui reçoit l'Esprit avant le baptême, et que Pierre fait aussitôt baptiser (Actes 10:44-48).
#Le mot dit le geste
Le verbe grec βαπτίζω — baptizō signifie plonger, immerger. Jean baptisait là « où il y avait beaucoup d'eau » (Jean 3:23) ; Philippe et l'eunuque « descendirent tous deux dans l'eau » (Actes 8:38). Et l'image que Paul en donne suppose l'immersion :
Romains 6:4 (Segond)
Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie.
On descend dans l'eau comme dans un tombeau ; on en ressort comme d'une résurrection.
#Ce que le baptême n'est pas
- Une œuvre qui mériterait le salut. On ne se baptise pas soi-même : on est baptisé. C'est Dieu qui agit, et la foi qui reçoit.
- Un rite magique. « Non la purification des souillures du corps, mais l'engagement d'une bonne conscience envers Dieu » (1 Pierre 3:21). Sans la foi, l'eau ne fait rien.
- Une formalité facultative. Jésus l'a lié à la foi qui sauve. « Que tardes-tu ? Lève-toi, sois baptisé » (Actes 22:16).
#Et le baptême des enfants ?
Les Églises catholique, orthodoxe, luthérienne et réformée baptisent aussi les enfants de parents croyants, en voyant dans le baptême le signe de l'alliance, comme l'était la circoncision. Mais dans tous les baptêmes que rapporte le Nouveau Testament, la foi précède le baptême. C'est pourquoi le baptême des croyants par immersion est retenu ici.
#Ne pas confondre les deux baptêmes
Le baptême de l'Esprit est l'œuvre invisible par laquelle l'Esprit place le croyant dans le corps de Christ, à son entrée dans la vie chrétienne (1 Corinthiens 12:13) ; dans le modèle apostolique, il est lié au baptême d'eau (Actes 2:38 ; 8:14-17 ; 19:5-6). Le baptême d'eau est l'acte visible que Jésus a ordonné. Le Nouveau Testament les distingue sans les séparer : « que chacun de vous soit baptisé […] et vous recevrez le don du Saint-Esprit » (Actes 2:38).