Catégorie : Sotériologie
La justification est l'acte par lequel Dieu déclare juste le pécheur qui croit en Jésus-Christ.
#Définition
La justification est l'acte judiciaire de Dieu par lequel il déclare juste celui qui croit en Christ, non sur la base de ses œuvres, mais sur la base de l'œuvre accomplie de Jésus-Christ imputée à son compte.
#Un verdict, pas une opération
Le mot vient du tribunal, et le choix n'est pas décoratif. Dikaioō ne signifie pas « rendre juste » au sens de corriger quelqu'un : il signifie déclarer juste, prononcer une sentence.
C'est ce que confirme l'usage inverse : lorsque l'Écriture dit que le peuple a justifié Dieu (Luc 7:29), personne n'imagine qu'il l'ait amélioré. Il a reconnu qu'il était juste.
Et ce verdict ne se gagne pas : « ce n'est pas par les œuvres de la loi que l'homme est justifié, mais par la foi en Jésus-Christ » (Galates 2:16). Dieu justifie « celui qui ne fait point d'œuvre, mais qui croit en celui qui justifie l'impie » (Romains 4:5). Les pécheurs sont « gratuitement justifiés par sa grâce » (Romains 3:24).
Déclarer juste
- Un verdict prononcé
- Instantané, sans degré
- Change le statut
- Justification
Rendre juste
- Un caractère transformé
- Progressif, avec des degrés
- Change l'état
- Sanctification
Confondre les deux est l'erreur la plus lourde de conséquences en sotériologie : elle fait dépendre le verdict de la transformation, c'est-à-dire le salut de la réussite.
#L'imputation, qui est le cœur de la doctrine
Comment un juge juste peut-il déclarer juste un coupable ? La réponse tient en un mot : l'échange.
2 Corinthiens 5:21 (Segond)
Celui qui n'a point connu le péché, il l'a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu.
Deux mouvements, dans la même phrase :
| Ce qui est imputé | À qui | Résultat |
|---|---|---|
| Nos péchés | À Christ | Il est condamné à notre place |
| Sa justice | À nous | Nous sommes déclarés justes |
Imputer est un terme de comptabilité : porter au compte d'un autre. Rien n'est versé dans le pécheur — quelque chose est inscrit à son crédit. C'est pourquoi la justification est complète dès le premier jour, et n'augmente jamais.
#Quand le verdict est-il prononcé ?
Sur celui qui croit. Et dans le modèle apostolique, cette foi se confesse aussitôt dans le baptême, où les apôtres annoncent le pardon : « que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés » (Actes 2:38) ; « lève-toi, sois baptisé, et lavé de tes péchés, en invoquant le nom du Seigneur » (Actes 22:16).
Le baptême n'est pas une œuvre ajoutée à la foi : on ne se baptise pas soi-même, on est baptisé, et c'est « par la foi en la puissance de Dieu » (Colossiens 2:12). La foi prime : le brigand sur la croix, qui n'a pas pu être baptisé, entend « aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis » (Luc 23:43). Voir Baptême.
#Ce qu'elle n'est pas
- Une fiction. Dieu ne fait pas semblant : la dette a été réellement payée, et la justice imputée est réellement celle de Christ.
- Un acquis à entretenir par ses œuvres. Elle n'est pas une note de départ qu'il faudrait défendre par ses performances. Mais elle est reçue par la foi, et celui qui abandonne la foi abandonne ce qu'elle avait reçu (Colossiens 1:23 ; Hébreux 3:14). Voir Apostasie.
- Un permis de pécher. Paul pose lui-même l'objection (Romains 6:1) — et la traite non par une menace, mais par un constat : qui est mort au péché n'y vit plus.
#Ce qu'elle produit immédiatement
- La paix avec Dieu — Romains 5:1, étant justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu
- L'accès — Romains 5:2, nous avons eu par la foi accès à cette grâce
- L'absence de condamnation — Romains 8:1, il n'y a donc maintenant aucune condamnation
C'est sur ce verdict que repose la certitude du croyant. Voir Assurance.