Six épreuves, six échecs : un interdit, l'absence de règle, un pouvoir, un délai, un code parfait, un don gratuit. La leçon précédente s'est refermée sur la dernière question possible : si le Christ régnait lui-même sur la terre, si Satan était lié — sans tentateur, sous le meilleur des rois, l'homme serait-il enfin fidèle ?
Apocalypse 20:1-3 (LSG)
Puis je vis descendre du ciel un ange, qui avait la clef de l'abîme et une grande chaîne dans sa main. Il saisit le dragon, le serpent ancien, qui est le diable et Satan, et il le lia pour mille ans. Il le jeta dans l'abîme, ferma et scella l'entrée au-dessus de lui, afin qu'il ne séduisît plus les nations, jusqu'à ce que les mille ans fussent accomplis. Après cela, il faut qu'il soit délié pour un peu de temps.
« Le serpent ancien » : ancien depuis la toute première leçon, depuis le serpent de Genèse 3. Ce parcours s'est ouvert sur un jardin et un serpent ; il se referme sur un royaume et le même serpent. Entre les deux, toute l'histoire de la rédemption.
Cette leçon fait suite à La Grâce. Si vous arrivez directement ici, l'introduction du parcours explique ce qu'est une dispensation.
#Deux noms pour une économie
Le premier vient de Paul : Dieu a formé un dessein « pour l'administration de la plénitude des temps, savoir de réunir en un toutes choses dans le Christ » (Éphésiens 1:10, Darby). L'administration n'est plus confiée à un apôtre : c'est celle de Dieu lui-même. Et la « plénitude des temps » répond à la « plénitude du temps » de Galates 4:4 : là, une seule échéance arrivait à son terme ; ici, ce sont toutes les échéances de Dieu qui arrivent ensemble à leur plein.
Le verbe ἀνακεφαλαιώσασθαι (anakephalaiōsasthai) vient de kephalaion, le sommaire : Paul l'emploie ailleurs pour dire que tous les commandements « se résument » dans l'amour du prochain (Romains 13:9). Réunir toutes choses en Christ, c'est les ramener à leur somme.
Le règne de mille ans est la phase historique de cette administration ; son terme viendra quand « Dieu sera tout en tous » (1 Corinthiens 15:28). Le second nom, Millénium, n'est pas dans la Bible : c'est du latin, pour les « mille ans » d'Apocalypse 20. La Plénitude des temps dit ce que Dieu accomplit ; le Millénium, combien de temps cela dure dans l'histoire.
#Apocalypse 20, lu de près
L'économie s'ouvre au retour glorieux du Christ, sur un cheval blanc, « Roi des rois et Seigneur des seigneurs » (Apocalypse 19:11-16), et se ferme au grand trône blanc (20:11-15). Le chapitre 20 suit bien le chapitre 19 : le diable est jeté dans l'étang de feu « où sont la bête et le faux prophète » (20:10), jetés là en 19:20. L'ordre du texte est l'ordre des événements.
« Mille ans » revient six fois en sept versets. Et Satan est lié « jusqu'à ce que les mille ans fussent accomplis » : après la Loi (« jusqu'à ce que vînt la semence ») et la Grâce (« jusqu'à ce que la totalité des païens soit entrée »), c'est le troisième « jusqu'à ce que » du parcours. Chaque fois, c'est le texte qui date.
Apocalypse 20:4-6 (LSG)
Et je vis des trônes ; et à ceux qui s'y assirent fut donné le pouvoir de juger. Et je vis les âmes de ceux qui avaient été décapités à cause du témoignage de Jésus et à cause de la parole de Dieu, et de ceux qui n'avaient pas adoré la bête ni son image, et qui n'avaient pas reçu la marque sur leur front et sur leur main. Ils revinrent à la vie, et ils régnèrent avec Christ pendant mille ans. Les autres morts ne revinrent point à la vie jusqu'à ce que les mille ans fussent accomplis. C'est la première résurrection. Heureux et saints ceux qui ont part à la première résurrection ! La seconde mort n'a point de pouvoir sur eux ; mais ils seront sacrificateurs de Dieu et de Christ, et ils régneront avec lui pendant mille ans.
Le même verbe, deux fois : « ils revinrent à la vie » (v. 4), « les autres morts ne revinrent point à la vie » (v. 5). Au verset 5, chacun y voit une résurrection corporelle ; à une ligne d'intervalle, le même verbe ne peut guère désigner autre chose au verset 4.
Depuis Augustin, une large tradition lit la première résurrection comme la nouvelle naissance, et les mille ans comme toute la période de l'Église, Satan ayant été lié à la croix (Matthieu 12:29). Mais le but de la liaison est précis : « afin qu'il ne séduisît plus les nations ». Or aujourd'hui, le diable « rôde comme un lion rugissant » (1 Pierre 5:8) et « a aveuglé l'intelligence des incrédules » (2 Corinthiens 4:4). Le Satan d'aujourd'hui séduit ; celui d'Apocalypse 20 ne le peut plus.
Voici la grille de lecture, remplie pour la Plénitude des temps :
| Entrée | Plénitude des temps |
|---|---|
| Temps | Le retour glorieux → le grand trône blanc |
| Durée | Mille ans |
| Alliance | Les alliances inconditionnelles accomplies : Abraham, David, la nouvelle alliance |
| Figure principale | Le Christ, Roi — pour la première fois, une figure qui ne peut pas faillir |
| Condition | La foi, comme toujours |
| Évangile manifesté | « Tous me connaîtront » |
| Échec de l'homme | Désobéissance pendant le règne ; révolte finale |
| Jugement | La verge de fer ; le feu du ciel ; puis le grand trône blanc |
| Sacrifice | L'offrande unique du Christ demeure le fondement |
| Situation | Le Roi présent, le tentateur lié, la paix ; deux populations |
| Responsabilité | Obéir au Roi et monter l'adorer |
| Épreuve | Une présence |
| Résultat | Une multitude « comme le sable de la mer » se révolte |
| Conséquences | La fin de l'histoire ; la mort abolie |
| Aperçu de la grâce | Mille ans de patience ; Israël enfin fidèle ; la création libérée |
#Un trône promis à David
L'Apocalypse donne la durée du Royaume ; l'Ancien Testament en avait donné la promesse, mille ans plus tôt, à un roi :
2 Samuel 7:12-13, 16 (LSG)
Quand tes jours seront accomplis et que tu seras couché avec tes pères, j'élèverai ta postérité après toi, celui qui sera sorti de tes entrailles, et j'affermirai son règne. Ce sera lui qui bâtira une maison à mon nom, et j'affermirai pour toujours le trône de son royaume. […] Ta maison et ton règne seront pour toujours assurés, ton trône sera pour toujours affermi.
Trois fois « pour toujours », et « ton trône », celui de David. Aucune condition au maintien du trône : le descendant fautif sera châtié, mais « ma grâce ne se retirera point de lui » (7:15). Mille ans plus tard, l'ange Gabriel reprend la promesse : « le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père. Il régnera sur la maison de Jacob éternellement, et son règne n'aura point de fin » (Luc 1:32-33). Un trône précis, un peuple précis. Et si ce règne « n'aura point de fin », c'est que les mille ans en sont la première phase, sur cette terre, d'un règne qui durera « aux siècles des siècles » (Apocalypse 11:15).
Le jour de l'Ascension, les apôtres demandent encore : « Seigneur, est-ce en ce temps que tu rétabliras le royaume d'Israël ? » Jésus ne corrige pas la question : il refuse la date, pas la chose (Actes 1:6-7).
Cela ne veut pas dire que le Christ n'est pas encore roi : il règne déjà, à la droite du Père. Ce qui est futur, c'est le trône de David, et Jésus distingue lui-même les deux : « Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, comme moi j'ai vaincu et me suis assis avec mon Père sur son trône » (Apocalypse 3:21).
C'est ici que toutes les alliances inconditionnelles aboutissent ensemble : la terre promise à Abraham, le trône promis à David, et le volet national de la nouvelle alliance. Les alliances conditionnelles — celle d'Éden, celle du Sinaï — ont été rompues par l'homme. Aucune promesse que Dieu a prise seul n'est restée en suspens.
#Qui entre dans le Royaume ?
Israël d'abord : « ils tourneront les regards vers moi, celui qu'ils ont percé » (Zacharie 12:10). C'est l'Éternel qui parle, et c'est lui qu'on a percé ; Jean cite ce verset au pied de la croix (Jean 19:37). « Et ainsi tout Israël sera sauvé » (Romains 11:26) — la nation, à ce moment-là. Mais même Israël n'entre pas en bloc : « Je séparerai de vous les rebelles » (Ézéchiel 20:38).
Les nations ensuite.
Matthieu 25:31-34 (LSG)
Lorsque le Fils de l'homme viendra dans sa gloire, avec tous les anges, il s'assiéra sur le trône de sa gloire. Toutes les nations seront assemblées devant lui. Il séparera les uns d'avec les autres, comme le berger sépare les brebis d'avec les boucs ; et il mettra les brebis à sa droite, et les boucs à sa gauche. Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite : Venez, vous qui êtes bénis de mon Père ; prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde.
Le critère n'est pas celui qu'on donne souvent — avoir refusé une marque —, mais celui que Jésus répète : ce qu'on a fait « à l'un de ces plus petits de mes frères » (25:40). Ce parcours y voit les frères juifs du Messie, persécutés pendant la tribulation ; d'autres, les disciples en général. Dans tous les cas, le traitement des frères révèle la foi, il ne l'achète pas : on n'entre pas par ses œuvres dans un royaume préparé « dès la fondation du monde ».
#Deux populations
C'est ce qui fait du Millénium une économie, et pas seulement une récompense. Sur la même terre, sous le même Roi, vivent deux populations. Les mortels : ceux qui sont entrés vivants dans le Royaume. Ils se marient, ils ont des enfants — « les rues de la ville seront remplies de jeunes garçons et de jeunes filles, jouant dans les rues » (Zacharie 8:5). Les glorifiés : l'Église, enlevée avant la tribulation, et les croyants de l'Ancien Testament et les martyrs, ressuscités au retour du Christ. Eux règnent : « si nous persévérons, nous régnerons aussi avec lui » (2 Timothée 2:12).
À l'enlèvement ressuscitent « les morts en Christ » (1 Thessaloniciens 4:16), une expression propre au corps formé à partir de la Pentecôte. Pour les saints de l'Ancien Testament, Daniel donne le moment : « en ce temps-là », au terme d'« une époque de détresse telle qu'il n'y en a point eu », « plusieurs de ceux qui dorment dans la poussière de la terre se réveilleront » (Daniel 12:1-2) — c'est-à-dire au retour glorieux. La « première résurrection » n'est pas un événement unique, mais un ordre (1 Corinthiens 15:23).
| Les glorifiés | Les mortels | |
|---|---|---|
| Corps | Ressuscité ou transformé | Mortel ; mariages et naissances |
| État de l'homme | Juste, incapable de pécher | Capable de ne pas pécher s'il croit ; incapable de ne pas pécher sinon |
| Rôle | Règnent avec le Christ | Sujets du Roi |
| Soumis à l'épreuve ? | Non : leur épreuve est passée | Oui |
Pour la seule fois de l'histoire, des hommes du quatrième état vivent sur la même terre que des hommes du deuxième et du troisième. Pour l'Église, le Millénium est un règne ; pour les mortels, une épreuve. Les enfants qui naîtront pendant ces mille ans naîtront comme nous : avec une nature pécheresse, et le besoin d'être sauvés.
C'est le point le plus difficile : Hébreux 10:18 dit qu'« il n'y a plus d'offrande pour le péché », et pourtant Ézéchiel 40-48 décrit, dans l'Israël restauré, un temple et « un jeune taureau pour le sacrifice d'expiation » (43:19). Ce parcours retient cette lecture : même sous Moïse, les sacrifices n'ôtaient pas le péché (Hébreux 10:4) ; ils « procurent la pureté de la chair » (Hébreux 9:13), une pureté rituelle permettant à un peuple encore pécheur de vivre près d'un Dieu saint. Or dans le Royaume, Dieu revient habiter au milieu de son peuple (Ézéchiel 43:7). Ces sacrifices ne rivalisent pas avec la croix sur le pardon : ils n'ont jamais eu ce rôle. D'autres y voient un mémorial, ou une vision symbolique ; la position retenue reste une construction, et elle est présentée comme telle.
#Un Roi qui ne peut pas faillir
Relisez la liste des figures principales. Adam a désobéi. Noé s'est enivré. Abraham a pris Agar. Moïse a frappé le rocher. Et pour Paul, il a fallu préciser que l'échec était celui de l'intendant. Pour la première fois, la figure principale ne peut pas faillir : c'est l'Homme qui a déjà réussi l'épreuve, « tenté comme nous en toutes choses, sans commettre de péché » (Hébreux 4:15). Si l'homme échoue ici, ce ne sera pas la faute du chef.
Et ce n'est pas un règne sentimental : « tu les briseras avec une verge de fer » (Psaume 2:9). La traduction grecque a lu « tu les paîtras », et l'Apocalypse la suit (19:15) : un berger dont la houlette est de fer. Les saints glorifiés gouvernent avec lui. Sous la Grâce, Paul recevait et l'Église gérait ; sous le Royaume, le Christ règne et les saints gouvernent. L'intendance change d'échelle : « tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup » (Matthieu 25:21).
#Rien ne manque
Faites l'inventaire. Le Roi est présent : « l'Éternel sera roi de toute la terre » (Zacharie 14:9), et les nations montent vers lui : « Venez, et montons à la montagne de l'Éternel… afin qu'il nous enseigne ses voies » (Ésaïe 2:3). Le tentateur est lié. La paix règne : « de leurs glaives ils forgeront des hoyaux » (Ésaïe 2:4). La création est en partie délivrée :
Ésaïe 11:6, 9 (LSG)
Le loup habitera avec l'agneau, et la panthère se couchera avec le chevreau ; le veau, le lionceau, et le bétail qu'on engraisse, seront ensemble, et un petit enfant les conduira. […] Il ne se fera ni tort ni dommage sur toute ma montagne sainte ; car la terre sera remplie de la connaissance de l'Éternel.
Et surtout : « tous me connaîtront, depuis le plus petit jusqu'au plus grand » (Jérémie 31:34). Personne ne pourra dire qu'il ne savait pas. Mais connaître n'est pas croire, et voir ne produit pas la foi. Jésus l'a dit à des hommes qui l'avaient sous les yeux : « vous m'avez vu, et vous ne croyez point » (Jean 6:36). L'enfant né en l'an trois cent du Royaume verra le Roi ; il devra quand même croire qu'il est son Sauveur.
#Sous le meilleur des rois
Le péché ne disparaît pas pendant le règne : il est contenu. « S'il y a des familles de la terre qui ne montent pas à Jérusalem pour se prosterner devant le roi, l'Éternel des armées, la pluie ne tombera pas sur elles » (Zacharie 14:17). S'il y a des familles qui ne montent pas : sous le meilleur des rois, il y en aura. Et la fin vient :
Apocalypse 20:7-9 (LSG)
Quand les mille ans seront accomplis, Satan sera relâché de sa prison. Et il sortira pour séduire les nations qui sont aux quatre coins de la terre, Gog et Magog, afin de les rassembler pour la guerre ; leur nombre est comme le sable de la mer. Et ils montèrent sur la surface de la terre, et ils investirent le camp des saints et la ville bien-aimée. Mais un feu descendit du ciel, et les dévora.
L'homme de cette économie n'a plus aucune excuse extérieure : pas de mauvais roi, pas d'injustice, pas de misère, pas d'ignorance — et pendant mille ans, pas de tentateur. Il suffit de relâcher Satan « pour un peu de temps » pour qu'une multitude « comme le sable de la mer » se lève contre le Roi qu'elle voit. Satan ne crée pas la révolte. Il la trouve. Elle était là, dans les cœurs, pendant mille ans.
L'épreuve de cette économie est donc une présence. Elle n'est pas plus facile que les autres : elle est plus révélatrice. Elle retire toutes les excuses, pour ne laisser que le cœur.
| Économie | Forme de l'épreuve | Ce que l'homme en a fait |
|---|---|---|
| Innocence | Un interdit | Il a désobéi |
| Conscience | L'absence de règle | Il a suivi son cœur jusqu'au déluge |
| Gouvernement humain | Un pouvoir | Il a bâti Babel |
| Promesse | Un délai | Il a fait lui-même ce que Dieu avait promis |
| Loi | Un code parfait | Il en a fait sa propre justice |
| Grâce | Un don | Il l'a altéré |
| Plénitude des temps | Une présence | Il s'est révolté contre le Roi qu'il voyait |
La réponse à la question du parcours est donc : non. « Le cœur est tortueux par-dessus tout, et il est méchant » (Jérémie 17:9). Le problème de l'homme n'a jamais été son environnement. Il n'a jamais été le tentateur. Il a toujours été le cœur.
#Le dernier jugement
Pendant le règne, la justice est appliquée sans attendre ; à la clôture, le feu descend du ciel et le diable est jeté dans l'étang de feu (Apocalypse 20:9-10). Puis vient le jugement universel :
Apocalypse 20:11-12 (LSG)
Puis je vis un grand trône blanc, et celui qui était assis dessus. La terre et le ciel s'enfuirent devant sa face, et il ne fut plus trouvé de place pour eux. Et je vis les morts, les grands et les petits, qui se tenaient devant le trône. Des livres furent ouverts. Et un autre livre fut ouvert, celui qui est le livre de vie. Et les morts furent jugés selon leurs œuvres, d'après ce qui était écrit dans ces livres.
« Les morts » : ceux de toutes les économies, depuis Caïn. Ce jugement ne scelle pas seulement la septième économie : il clôt l'histoire des sept. « Le dernier ennemi qui sera détruit, c'est la mort » (1 Corinthiens 15:26). Il n'y aura pas de huitième économie, parce qu'il n'y aura plus d'épreuve.
Et la règle du parcours tient une septième fois : au cœur du jugement, la grâce. Mille ans pendant lesquels chaque homme né dans le Royaume a pu voir, connaître et croire. Israël enfin fidèle, la loi écrite dans son cœur. La création « affranchie de la servitude de la corruption » (Romains 8:21). Et même dans la révolte, « le camp des saints et la ville bien-aimée » sont gardés : le feu tombe avant qu'on ne les touche.
#L'Éden et le Royaume
Refermons le parcours sur l'image de son ouverture : le serpent de Genèse 3 et celui d'Apocalypse 20.
| L'Innocence | La Plénitude des temps | |
|---|---|---|
| Nature de l'homme | Non déchue | Déchue |
| Le tentateur | Présent dans le jardin | Lié pendant mille ans |
| La présence de Dieu | Il visite le jardin | Il habite au milieu de son peuple |
| L'épreuve | Un interdit | Une présence |
| Le résultat | La chute | La révolte |
| Le serpent | Sa défaite promise (Genèse 3:15) | Sa défaite accomplie (Apocalypse 20:10) |
Dans le jardin, l'homme avait une nature intacte et un tentateur. Dans le Royaume, il a une nature déchue et plus de tentateur. Dieu a fait les deux expériences inverses, et elles donnent le même résultat. Il n'existe aucune combinaison de conditions dans laquelle l'homme, laissé à lui-même, reste fidèle.
C'est ce que ce parcours répétait depuis sa première page, et c'est maintenant démontré sept fois : l'homme ne peut pas se racheter lui-même. Il lui faut un Rédempteur. Sept économies, sept épreuves, sept échecs — et pas un seul échec du plan de Dieu. La promesse faite au moment de la première chute est tenue au moment de la dernière.
#« Afin que Dieu soit tout en tous »
1 Corinthiens 15:24-28 (LSG)
Ensuite viendra la fin, quand il remettra le royaume à celui qui est Dieu et Père, après avoir détruit toute domination, toute autorité et toute puissance. Car il faut qu'il règne jusqu'à ce qu'il ait mis tous les ennemis sous ses pieds. Le dernier ennemi qui sera détruit, c'est la mort. Dieu, en effet, a tout mis sous ses pieds. Mais lorsqu'il dit que tout lui a été soumis, il est évident que celui qui lui a soumis toutes choses est excepté. Et lorsque toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même sera soumis à celui qui lui a soumis toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous.
« Il faut qu'il règne **jusqu'à ce qu'**il ait mis tous les ennemis sous ses pieds » : un dernier « jusqu'à ce que ». La Loi avait son terme, la Grâce le sien, le Royaume le sien ; ici, c'est l'histoire entière qui a le sien. Toutes choses réunies en Christ, et le Christ remettant toutes choses au Père : c'est ce que voulait dire la plénitude des temps.
Le plan de Dieu n'était pas seulement de sauver l'homme, mais de manifester sa gloire en le sauvant. « La gloire de Dieu, c'est l'homme vivant », disait Irénée de Lyon. Et Paul, dans le chapitre même où il annonce la plénitude des temps, le répète comme un refrain : le Père nous a élus, le Fils nous a rachetés, l'Esprit nous a scellés — trois fois « à la louange de sa gloire » (Éphésiens 1:6, 12, 14).
Sept économies, sept épreuves, sept échecs de l'homme. Et une seule gloire : la sienne.
- La Plénitude des temps réunit toutes choses en Christ : le règne de mille ans en est la phase historique, « Dieu tout en tous » le terme.
- Deux populations : pour les glorifiés, un règne ; pour les mortels, une épreuve.
- Sous le meilleur des rois, sans tentateur, l'homme se révolte encore : le problème a toujours été le cœur.
- Sept échecs de l'homme, aucun échec de Dieu : la promesse de Genèse 3:15 est tenue jusqu'au bout.
Sur vos excuses. Nous accusons volontiers les circonstances et les tentations. Aucune condition ne suffit pourtant à rendre l'homme fidèle : ce qu'il faut, c'est un cœur nouveau — et c'est ce que Dieu donne.
Sur votre espérance. L'histoire ne s'achève pas dans le chaos, mais dans un règne de justice et dans « Dieu tout en tous ». Rien de ce que vous vivez n'échappe à ce terme.
Sur votre fidélité. En Christ, vous ne serez pas mis à l'épreuve dans ce Royaume : vous y régnerez avec lui. La fidélité dans les petites choses d'aujourd'hui prépare les grandes de demain.
#Et maintenant ?
Ce parcours s'est ouvert sur une question : sous quelle administration suis-je, moi, en train de vivre ? Vous connaissez la réponse : sous la sixième, celle de la grâce — « le siècle présent », entre deux épiphanies. Vous savez aussi ce qu'elle demande : recevoir la grâce comme grâce, et garder fidèlement ce qui vous a été confié. L'introduction du parcours rassemble les sept économies d'un seul regard.
Sous l'économie de la grâce, qu'avez-vous reçu à garder — et que ferez-vous de ce dépôt d'ici à ce que le Roi revienne ?