Leçon 3 / 7

Le Gouvernement humain

Après le déluge, Dieu confie pour la première fois à l'homme un pouvoir sur l'homme. Deux siècles plus tard, l'humanité unanime bâtit une tour pour « se faire un nom » — et la page suivante de la Bible s'ouvre sur la lignée d'un homme qui s'appelle Sem : « Nom ».

Pendant seize siècles, Dieu avait laissé l'homme sans aucune contrainte extérieure : ni loi écrite, ni magistrat, ni glaive. Caïn avait tué son frère, et Dieu avait interdit qu'on le mette à mort. Ce régime s'est achevé dans une terre « pleine de violence ».

La leçon précédente s'est donc refermée sur une question : si la conscience n'a pas suffi à rendre l'homme bon, est-ce que le pouvoir y suffira ?

Dieu va changer de méthode, et celle qu'il adopte nous gouverne encore : de toutes les économies, c'est la seule dont une pièce maîtresse est toujours en vigueur autour de nous.

Cette leçon fait suite à La Conscience. Si vous arrivez directement ici, l'introduction du parcours explique ce qu'est une dispensation.

#Six mots qui fondent l'autorité

La Genèse n'emploie ici aucun mot pour « gouvernement » : ni roi, ni juge, ni tribunal. Ce qu'elle donne, c'est un principe, en un seul verset.

Genèse 9:6 (Darby)


Qui aura versé le sang de l'homme, par l'homme son sang sera versé ; car à l'image de Dieu il a fait l'homme.

En hébreu, la première phrase tient en six mots, disposés en miroir :

verse le sang de l'homme par l'homme son sang sera versé
shophekh dam ha'adam ba'adam damo yishshaphekh

Le verbe au début et à la fin, le sang en deuxième et en avant-dernière position, l'homme au centre, deux fois. La forme dit le fond : la peine reproduit exactement le crime, terme pour terme, à l'envers.

Et le motif est donné aussitôt : « car à l'image de Dieu il a fait l'homme ». Nous sommes après la chute, après le déluge, dans le monde le plus abîmé que l'Écriture ait décrit — et Dieu dit encore que l'homme porte son image. Elle est défigurée ; elle n'est pas supprimée (Jacques 3:9 le redira). La valeur d'une vie humaine ne repose pas sur ce que l'homme vaut, mais sur Celui à qui il ressemble.

Le mot décisif est le quatrième : « par l'homme ». Avant le déluge, c'est Dieu lui-même qui redemandait le sang : « la voix du sang de ton frère crie de la terre jusqu'à moi » (Genèse 4:10). Désormais, il délègue. Pour la première fois, Dieu confie à l'humanité un pouvoir sur l'humanité. C'est pourquoi nous appelons cette économie le Gouvernement humain.

« Par l'homme » : ce que le texte institue, et ce qu'il n'institue pas

Dans שֹׁפֵךְ דַּם הָאָדָם בָּאָדָם דָּמוֹ יִשָּׁפֵךְ, la préposition de בָּאָדָם (ba'adam) peut signifier « par l'homme » (l'agent) ou « en échange de l'homme » (le prix, comme dans « œil pour œil »). Le verset 5, qui parle de redemander le sang « de la main de l'homme », et les versions anciennes font retenir la première lecture.

Même ainsi, Genèse 9 n'institue pas un État : ni roi, ni procédure, ni régime. Il pose un principe ; l'institution est une inférence que nous en tirons, et que le Nouveau Testament confirme.

Car le Nouveau Testament reprend exactement ce principe :

Romains 13:4 (LSG)


Le magistrat est serviteur de Dieu pour ton bien. Mais si tu fais le mal, crains ; car ce n'est pas en vain qu'il porte l'épée, étant serviteur de Dieu pour exercer la vengeance et punir celui qui fait le mal.

Le magistrat est un serviteur — en grec diakonos, le mot même des diacres de l'Église. Il l'est de Dieu, même quand il l'ignore. Et l'épée qu'il porte n'est pas un insigne : c'est l'arme courte du soldat et de l'exécuteur.

#Deux à trois siècles

L'économie va de Genèse 8:15 — « Sors de l'arche » — à Genèse 11:9, la confusion des langues. Comme les précédentes, elle se ferme sur son jugement.

Sa durée : environ deux à trois siècles, car la Bible ne date pas Babel. Le chiffre de « 426 ans » qui circule mesure en réalité la distance du déluge à l'appel d'Abram. Le seul indice est Péleg, « car de son temps la terre fut partagée » (Genèse 10:25) — si ce partage est bien celui de Babel.

Voici la grille de lecture, remplie pour le Gouvernement humain :

Entrée Gouvernement humain
Temps Genèse 8:15 → 11:9
Durée Deux à trois siècles (Babel n'est pas daté)
Alliance Noachique — inconditionnelle, universelle, perpétuelle
Figure principale Noé ; Nimrod en contre-figure
Condition Remplir la terre ; respecter la vie ; requérir le sang versé
Aperçu de l'Évangile L'holocauste de Noé et l'odeur d'apaisement
Échec de l'homme Refus de se disperser : « faisons-nous un nom »
Jugement Confusion des langues et dispersion
Sacrifice Les holocaustes de Noé
Situation Une humanité unique, investie d'un pouvoir sur l'homme
Responsabilité Exercer la justice et se soumettre à l'autorité
Épreuve Le pouvoir
Résultat Échec : le pouvoir se concentre et se divinise
Conséquences Nations, langues et frontières
Aperçu de la grâce Un jugement sans un mort ; la lignée de Sem

#Le même diagnostic, le verdict inverse

Noé sort de l'arche. Que fait-il en premier ? Ni une maison, ni un champ : un autel — le premier que nomme la Bible. Il y offre des holocaustes, des sacrifices qui « montent » entièrement en fumée : rien n'est gardé pour celui qui offre. Et voici la réponse de Dieu. Lisez-la lentement.

Genèse 8:21 (Darby)


Et l'Éternel flaira une odeur agréable ; et l'Éternel dit en son cœur : Je ne maudirai plus de nouveau le sol à cause de l'homme, car l'imagination du cœur de l'homme est mauvaise dès sa jeunesse.

Relisez le motif : « je ne maudirai plus… car le cœur de l'homme est mauvais ».

Et souvenez-vous de Genèse 6:5, avant le déluge : « toutes les pensées de leur cœur se portaient chaque jour uniquement vers le mal ». Le même diagnostic, avec le même mot hébreu, et deux verdicts opposés. Avant : l'homme est mauvais, donc je détruis. Après : l'homme est mauvais, donc je ne détruirai plus.

Qu'est-ce qui a changé ? Pas l'homme. Le texte insiste : mauvais « dès sa jeunesse », depuis toujours. Ce qui a changé tient dans le verset précédent : un autel, une victime, et une odeur.

Voilà l'Évangile, à la huitième page de la Bible : ce qui condamnait l'homme devient, après le sacrifice, la raison pour laquelle Dieu l'épargne. Non que l'homme soit devenu acceptable : une offrande est montée. Paul dira le même mouvement : Dieu a laissé impunis les péchés d'autrefois, dans sa patience, en vue du sang du Christ (Romains 3:25).

Le même mot, deux verdicts

Genèse 6:5 et 8:21 emploient tous deux יֵצֶר (yetser), le « façonnement » du cœur. L'odeur de Genèse 8:21 est רֵיחַ הַנִּיחֹחַ (reach hannichoach), « l'odeur d'apaisement », de la racine נוח (nuach), se reposer.

#La première alliance que la Bible appelle « alliance »

Jusqu'ici, les alliances édénique et adamique portaient un nom que le texte ne leur donnait pas. En Genèse 9, le mot hébreu בְּרִית (berith) revient sept fois. L'alliance avec Noé est la première que l'Écriture appelle elle-même une alliance. Elle a trois traits.

Elle est unilatérale. Dieu parle à la première personne : « j'établis mon alliance », « j'ai placé mon arc ». L'homme ne promet rien ; pas un seul « si » dans tout le passage. Noé ne signe pas : il écoute.

Elle est universelle. Elle est conclue avec Noé, avec sa descendance — et avec « tous les êtres vivants », oiseaux, bétail, animaux de la terre (Genèse 9:10), et même avec la terre (9:13). C'est la seule alliance biblique conclue avec des bêtes. Personne n'en est exclu.

Elle est perpétuelle : une « alliance perpétuelle » (9:16). Les économies suivantes ne l'abrogent pas.

Genèse 9:13 (LSG)


j'ai placé mon arc dans la nue, et il servira de signe d'alliance entre moi et la terre.

Le mot hébreu pour « arc », קֶשֶׁת (qesheth), désigne partout ailleurs l'arc de guerre : l'arme. Et dans la nuée, cet arc est suspendu, détendu, tourné à l'opposé de la terre. Dieu accroche son arme au mur. On ne bâtit pas une doctrine sur une image ; mais l'image est dans le mot, et le mot est dans le texte.

Genèse 9:1-7 énonce ce que Dieu demande à l'homme ; Genèse 9:8-17, ce que Dieu s'engage à faire. L'économie échouera à Babel ; l'alliance, elle, ne dépendait pas de Babel. Chaque arc-en-ciel le rappelle.

#Noé n'est pas un second Adam

Noé occupe la case « figure principale » à trois titres, tous dans le texte : il est la tête de la nouvelle humanité — « ce sont là les trois fils de Noé, et c'est leur postérité qui peupla toute la terre » (9:19) ; il est le destinataire de l'alliance ; et il est le premier homme investi du droit sur la vie. Il n'est pas pour autant un représentant au sens où Adam l'était : aucune de ses décisions ne nous est imputée.

On entend souvent que Noé est un nouvel Adam, qui aurait reçu exactement le même commandement. Posez les deux textes côte à côte.

Comparaison

Adam — Genèse 1:28

« Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l'assujettissez ; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre. »

Noé — Genèse 9:1-2

« Soyez féconds, multipliez, et remplissez la terre. Vous serez un sujet de crainte et d'effroi pour tout animal de la terre, pour tout oiseau du ciel, pour tout ce qui se meut sur la terre, et pour tous les poissons de la mer : ils sont livrés entre vos mains. »

Deux verbes ont disparu, et ce sont ceux de la royauté : assujettir et dominer. À leur place : la crainte et l'effroi. L'homme ne règne plus sereinement sur les bêtes ; il leur fait peur. Noé est une seconde tête de race dans un monde diminué : la mission est reprise, la royauté d'Éden ne l'est pas.

La « malédiction de Cham »

Genèse 9:20-27 a servi pendant des siècles à justifier l'esclavage. Le contresens est vérifiable : Noé ne maudit pas Cham, il maudit Canaan, nommé trois fois (versets 25 à 27). L'oracle vise les Cananéens, qui habitent entre Sidon et Gaza (Genèse 10:19), et prépare le récit de la conquête. Il ne porte aucune marque raciale et ne concerne pas les peuples d'Afrique : la lecture esclavagiste a été importée dans le texte pour servir un intérêt.

#Ce que Dieu demandait : trois ordonnances et une double responsabilité

Genèse 9:1-7 pose trois ordonnances.

Remplir la terre. L'ordre est donné au verset 1, puis renforcé au verset 7 par un verbe qui se dit des poissons et des insectes : « pullulez sur la terre ». Dieu ne dit pas « installez-vous » ; il dit : débordez. C'est précisément sur ce commandement que l'économie échouera.

Respecter la vie. L'homme peut désormais manger de la viande (9:3), mais avec une borne : « vous ne mangerez point de chair avec son âme, avec son sang » (9:4). La vie appartient à Dieu, même chez la bête — et les apôtres reprendront cette borne pour les croyants venus des nations (Actes 15:20, 29).

Requérir le sang versé. C'est le principe de 9:5-6. Dieu ne renonce pas à réclamer le sang : il change de main.

Il en découle une double responsabilité — exercer la justice et s'y soumettre —, dont il faut dire les trois aspects ensemble. L'autorité ne vient pas du diable, même si l'histoire pousse à le croire : elle est un don, une digue contre la violence. Elle est un service, donc elle rend des comptes : Romains 13 ne sacralise pas les gouvernants, il les subordonne. Et la soumission n'est pas inconditionnelle : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes » (Actes 5:29). Les sages-femmes d'Égypte (Exode 1) et Daniel (Daniel 3 et 6) ont désobéi à bon droit. Quand l'autorité ordonne ce que Dieu interdit, elle sort du mandat qui fondait l'obéissance.

#Babel : quatre refus en un verset

L'humanité de cette économie a une particularité que nous ne retrouverons plus jamais : elle est une. Une seule famille, « une seule langue et les mêmes mots » (Genèse 11:1). C'est la seule économie où l'humanité entière peut se mettre d'accord. Et elle s'est mise d'accord contre Dieu.

Genèse 11:4 (LSG)


Ils dirent encore : Allons ! bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche au ciel, et faisons-nous un nom, afin que nous ne soyons pas dispersés sur la face de toute la terre.

Quatre décisions, quatre refus.

« Bâtissons-nous une ville », alors que l'ordre était de remplir la terre : on se rassemble.

« Et une tour » : « la brique leur servit de pierre, et le bitume leur servit de ciment » (11:3). Le matériau fabriqué remplace le matériau donné : l'homme se fait ses propres pierres. Et comme les tours à étages de Mésopotamie étaient des temples, une dimension religieuse de l'entreprise est très plausible.

« Faisons-nous un nom » : voilà le cœur. Ni la brique, ni la hauteur — le nom. Se faire une gloire à soi.

« Afin que nous ne soyons pas dispersés » : ils citent le commandement, et ils le citent comme une menace à éviter. Ils savent ce que Dieu a dit. Ils bâtissent contre.

Et relisez la scène de près : elle est construite sur un mot répété trois fois, « Allons ! » (en hébreu הָבָה, havah). Les hommes le disent deux fois : « Allons ! faisons des briques », « Allons ! bâtissons-nous une ville ». Et Dieu répond avec le même mot : « Allons ! descendons, et là confondons leur langage » (11:7). À l'unanimité des hommes, Dieu oppose sa propre délibération.

Il y a plus mordant encore. Ils ont bâti une tour dont le sommet est dans les cieux ; et le verset 5 dit : « l'Éternel descendit pour voir la ville et la tour ». Il faut qu'il descende. Toute la démesure humaine tient dans ce verset, et elle y tient comme une ironie.

Et Nimrod ?

Nimrod, dit Genèse 10:8-10, « commença à être puissant sur la terre », et « le commencement de son royaume fut Babel » — la ville qui deviendra, jusqu'en Apocalypse 18, le nom de l'orgueil organisé. Mais Genèse 11 ne nomme aucun bâtisseur de la tour : l'identification à Nimrod, ancienne et plausible, reste une inférence. Quant à Nimrod divinisé ou à l'astrologie qu'on lui prête, rien de tout cela n'est dans le texte.

#Un jugement sans un seul mort

Genèse 11:6 (LSG)


Et l'Éternel dit : Voici, ils forment un seul peuple et ont tous une même langue, et c'est là ce qu'ils ont entrepris ; maintenant rien ne les empêcherait de faire tout ce qu'ils auraient projeté.

Le jugement frappe l'instrument, non les personnes. Dieu ne détruit ni la ville ni les hommes : il retire la condition de leur projet, la langue commune.

Le nom de la ville devient une raillerie. Les Babyloniens comprenaient le nom de leur ville comme « porte du dieu » (en akkadien, bab-ili). La Genèse répond par un jeu de sons : on l'appela Babel, « car c'est là que l'Éternel confondit (balal) le langage de toute la terre » (11:9). Ce n'est pas une étymologie, c'est une pointe : ils l'appelaient « Porte du dieu » ; l'Écriture l'appelle « Confusion ».

Et il n'y a pas un seul mort. L'Innocence s'achevait sur l'entrée de la mort, la Conscience sur une planète engloutie ; le Gouvernement humain s'achève sur des gens qui ne se comprennent plus et qui déménagent. La promesse de ne plus détruire ainsi tient.

Notez enfin l'ironie : « l'Éternel les dispersa » (11:8), avec le verbe même qu'ils voulaient éviter. Ils se sont rassemblés pour ne pas être dispersés ; ils ont été dispersés parce qu'ils s'étaient rassemblés. On n'échappe pas à la volonté de Dieu ; on choisit seulement si elle s'accomplit par obéissance ou par jugement.

#Ce que le pouvoir a démontré

L'épreuve de cette économie est un don : Dieu met dans la main de l'homme une autorité sur l'homme. Que fait l'homme quand on lui confie le pouvoir ? On s'attendrait à ce qu'il échoue par la violence. Le texte pointe autre chose : la concentration. Un seul centre, un seul projet, un seul nom. L'outil donné pour contenir le mal permet à toute l'humanité de faire la même chose en même temps. « Rien ne les empêcherait » n'est pas un compliment : une humanité unanime et sans Dieu est une humanité sans frein.

La démonstration s'ajoute aux précédentes :

  • l'Innocence a montré que l'homme échoue dans des conditions parfaites ;
  • la Conscience, qu'il échoue livré à lui-même ;
  • le Gouvernement humain, qu'il échoue quand on lui donne les moyens de se contenir.

La conscience était un témoin sans pouvoir. Le gouvernement est un pouvoir sans cœur nouveau. Ni l'un ni l'autre ne change l'homme.

Pourtant, une économie qui se termine n'est pas une économie qui s'efface. Ce qui s'achève, c'est l'épreuve ; ce qui demeure, c'est ce que Dieu a institué : l'alliance court toujours, et le magistrat de Romains 13 porte encore l'épée.

#Ils voulaient un nom

Qu'attend-on après Genèse 11:9 ? Une lamentation, un verdict. Voici ce que dit le verset suivant :

« Voici la postérité de Sem. Sem, âgé de cent ans, engendra Arpacschad, deux ans après le déluge. » — Genèse 11:10

Une généalogie, sèche, technique, qui marche droit vers Genèse 11:26 : Térach engendra Abram.

Or en hébreu, Sem (שֵׁם, Shem) signifie précisément « nom ». L'humanité vient de dire « faisons-nous un nom ». Elle a reçu un nom — Babel, « Confusion ». Et la page suivante s'ouvre sur la lignée qui s'appelle Nom, et qui avance tranquillement vers un homme à qui Dieu dira : « je rendrai ton nom grand » (Genèse 12:2).

Cette lignée avait déjà été désignée : « Béni soit l'Éternel, Dieu de Sem ! » (9:26). Pour la première fois depuis Genèse 3:15, on sait dans quelle branche court la postérité promise : de Sem viendra Abram, d'Abram Israël, et d'Israël le Christ.

Voilà toute la Bible en deux chapitres : l'homme qui se fait un nom le perd ; l'homme à qui Dieu fait un nom le garde.

Dieu ne renonce pas pour autant à l'unité des hommes. À la Pentecôte, chacun entend l'Évangile « dans notre propre langue à chacun » (Actes 2:8), et devant le trône se tiendra une foule « de toute nation, de toute tribu, de tout peuple, et de toute langue » (Apocalypse 7:9). Les langues ne sont pas supprimées : elles sont traversées. Babel est renversée, non annulée.

Résumé
  • L'autorité est un don de Dieu, et elle ne sauve personne. Genèse 9 institue une digue contre la violence ; mais une digue retient, elle ne purifie pas.
  • Trois expériences, un seul diagnostic. L'homme échoue dans un monde parfait, sans contrainte, puis avec les moyens de se contenir. Il ne peut pas se racheter lui-même.
  • Le Rédempteur est là deux fois : dans le sacrifice qui fait aboutir le même diagnostic à la patience plutôt qu'au déluge, et dans la lignée de Sem — « Nom » — qui marche vers Abram.
Ce que cela change

Sur les autorités. Le magistrat, le policier, le juge sont, selon Paul, des serviteurs de Dieu pour votre bien. Priez pour eux avant de les juger ; ils rendront compte, eux aussi.

Sur vos propres tours. Il est facile de condamner Babel. Mais que construisez-vous, dans votre carrière, votre Église ou votre famille, pour « vous faire un nom » ? L'Écriture ne condamne pas l'œuvre ; elle demande pour quel nom elle est bâtie.

Sur la valeur d'une vie. Chaque personne que vous croiserez cette semaine porte l'image de Dieu. Genèse 9:6 en fait le fondement de la justice ; faites-en celui de votre manière de parler d'elle.

#Vers la quatrième dispensation : la Promesse

Genèse 11:9. Les hommes se dispersent, chacun avec une langue que les autres ne comprennent plus.

Trois fois, Dieu a traité avec l'humanité entière — Adam, Noé, Babel — et trois fois l'échec a été universel. Alors il change complètement de méthode :

« L'Éternel dit à Abram : Va-t'en de ton pays, de ta patrie, et de la maison de ton père, dans le pays que je te montrerai. » — Genèse 12:1

Un seul homme. Sorti d'Ur en Chaldée — c'est-à-dire du pays même de Babel. Dieu prend un homme dans la région qui vient d'être jugée, et il lui promet ce que les bâtisseurs voulaient se donner eux-mêmes : un grand nom. C'est la quatrième économie, la Promesse, de Genèse 12:1 à Exode 19:8.

Question de réflexion

Si l'humanité entière a échoué trois fois, que peut bien faire Dieu avec un seul homme ?

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