Catégorie : Pneumatologie
Les uns en font la preuve de l'Esprit, les autres les tiennent pour disparus avec les apôtres. Le Nouveau Testament ne dit ni l'un ni l'autre.
#Définition
Les dons spirituels sont des capacités que le Saint-Esprit distribue à chaque croyant, comme il le veut, pour l'édification de l'Église. Ils demeurent jusqu'au retour de Christ, mais ils n'ajoutent rien à la foi transmise une fois pour toutes, et toute manifestation s'éprouve par l'Écriture.
Le grec charisma vient de charis, la grâce : un don que personne ne mérite ni ne produit.
#À chacun, pour les autres
1 Corinthiens 12:7, 11 (Segond)
Or, à chacun la manifestation de l'Esprit est donnée pour l'utilité commune. […] Un seul et même Esprit opère toutes ces choses, les distribuant à chacun en particulier comme il veut.
Il n'y a pas de croyant sans don, et aucun don n'est fait pour soi seul. C'est l'Esprit qui distribue ; le croyant, lui, y aspire (1 Corinthiens 14:1). Les listes du Nouveau Testament ne sont jamais identiques, et aucune n'est complète : les dons discrets, servir, donner, encourager, y côtoient les plus visibles (Romains 12:6-8 ; 1 Corinthiens 12:8-10 ; Éphésiens 4:11 ; 1 Pierre 4:10-11).
#Encore aujourd'hui ?
Les dons prendront fin « quand ce qui est parfait sera venu » (1 Corinthiens 13:10). Certains y voient l'achèvement du Nouveau Testament. Mais ce moment est celui où « nous verrons face à face » (1 Corinthiens 13:12) : le retour de Christ, dans l'attente duquel il ne manque aux Corinthiens « aucun don » (1 Corinthiens 1:7).
Ce qui est clos
- Le fondement posé par les apôtres et les prophètes du Nouveau Testament (Éphésiens 2:20)
- La foi « transmise aux saints une fois pour toutes » (Jude 3)
Ce qui demeure
- Les dons, jusqu'au retour de Christ, et une prophétie que l'on juge (1 Corinthiens 14:29)
- Les ministères d'Éphésiens 4:11, exercés au sein des anciens, sans autorité sur l'Écriture
#Le parler en langues
Il n'est pas le signe nécessaire du baptême de l'Esprit : tout croyant a reçu l'Esprit à son entrée dans la vie chrétienne (1 Corinthiens 12:13). Mais il n'est pas réservé à quelques-uns. Jésus le compte parmi les signes qui « accompagneront ceux qui auront cru » (Marc 16:17), et Paul écrit : « Je désire que vous parliez tous en langues, mais encore plus que vous prophétisiez » (1 Corinthiens 14:5). C'est un don accessible à tout croyant, par la foi.
Dans le même chapitre, Paul en montre la valeur et en fixe la place :
- Pour soi, il édifie : « celui qui parle en langue s'édifie lui-même » (1 Corinthiens 14:4), et Paul parle en langues plus que tous (1 Corinthiens 14:18).
- Dans l'assemblée, deux ou trois au plus, avec interprétation ; sinon, « qu'on parle à soi-même et à Dieu » (1 Corinthiens 14:27-28). Voir Prière.
- La prophétie passe avant, parce qu'elle « édifie l'Église » (1 Corinthiens 14:4).
« Tous parlent-ils en langues ? » (1 Corinthiens 12:30) vise l'exercice du don dans l'assemblée, non la prière personnelle. Et Paul conclut : « aspirez au don de prophétie, et n'empêchez pas de parler en langues » (1 Corinthiens 14:39).
« Ne méprisez pas les prophéties. Mais examinez toutes choses ; retenez ce qui est bon » (1 Thessaloniciens 5:20-21). Aucune parole ne peut ajouter à l'Écriture ni la contredire (Galates 1:8) ; l'Esprit glorifie Christ, non un homme ou une expérience (Jean 16:14) ; et tout doit se faire « pour l'édification » (1 Corinthiens 14:26).
Surtout, le fruit passe avant les dons. Corinthe ne manquait d'aucun don, et Paul la juge charnelle (1 Corinthiens 3:1). C'est pourquoi il place entre les deux chapitres sur les dons celui sur l'amour : « Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas la charité, je suis un airain qui résonne » (1 Corinthiens 13:1).