Catégorie : Pneumatologie
Nicée avait répondu à la question du Fils. Mais son symbole disait seulement, de l'Esprit : « nous croyons au Saint-Esprit. » Il restait à dire qui il est.
#Définition
Le macédonianisme est la doctrine selon laquelle le Saint-Esprit n'est pas Dieu au même titre que le Père et le Fils, mais une créature supérieure, un serviteur, ou une puissance divine impersonnelle. Ses partisans ont été appelés pneumatomaques, « ceux qui combattent l'Esprit ».
#Ce qu'il affirmait
Vers 360, alors que la divinité du Fils gagne du terrain, certains qui l'acceptaient refusent d'aller plus loin. En Égypte, ils font de l'Esprit un ange supérieur. En Asie Mineure, autour d'Eustathe de Sébaste, ils le placent entre Dieu et les créatures : ni tout à fait l'un, ni tout à fait l'autre. La tradition a donné au mouvement le nom de Macédonius, évêque de Constantinople déposé en 360, même si son rôle réel reste discuté.
Leurs arguments étaient souvent un argument du silence : l'Écriture n'appelle jamais l'Esprit « Dieu » en toutes lettres, on ne le voit pas prier ni être prié. Et un argument de logique : s'il vient du Père sans être le Fils, il serait un second fils, un « petit-fils » de Dieu. Sinon, il est une créature.
#Comment l'Église l'a écarté
Athanase répond aux Égyptiens dans ses Lettres à Sérapion (vers 359). Basile de Césarée écrit son Traité du Saint-Esprit (vers 375) : si nous sommes baptisés au nom des trois, nous devons les glorifier ensemble. En 381, le concile de Constantinople complète le symbole de Nicée :
Nous croyons au Saint-Esprit, qui est Seigneur et qui donne la vie, qui procède du Père, qui avec le Père et le Fils est adoré et glorifié, qui a parlé par les prophètes.
Le concile n'emploie pas le mot « Dieu » pour l'Esprit. Il fait mieux : il lui donne ce qui n'appartient qu'à Dieu, la seigneurie, le pouvoir de donner la vie, l'adoration.
#Ce que l'Écriture répond
Il est Dieu. Mentir à l'Esprit, c'est mentir à Dieu :
Actes 5:3-4 (Segond)
Pierre lui dit : Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, au point que tu mentes au Saint-Esprit [...] ? Ce n'est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu.
Il possède ce qui n'appartient qu'à Dieu. Il connaît tout : « l'Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu » (1 Corinthiens 2:10). Il est partout : « Où irais-je loin de ton esprit ? » (Psaume 139:7). Et il donne la vie nouvelle (Jean 3:5-6), ce qu'aucune créature ne peut faire.
Il est une personne, pas une force.
| Une force… | L'Esprit… |
|---|---|
| ne parle pas | dit : « Mettez-moi à part Barnabas et Saul » (Actes 13:2) |
| ne décide pas | distribue les dons « comme il veut » (1 Corinthiens 12:11) |
| ne ressent pas | peut être attristé (Éphésiens 4:30) |
| ne prie pas | « intercède par des soupirs inexprimables » (Romains 8:26) |
| n'enseigne pas | « vous conduira dans toute la vérité » (Jean 16:13) |
Il est nommé avec le Père et le Fils, à égalité. On baptise « au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » (Matthieu 28:19), et l'apôtre bénit par « la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l'amour de Dieu, et la communion du Saint-Esprit » (2 Corinthiens 13:13). On ne range pas une créature dans le nom de Dieu.
#Pourquoi cela compte
C'est l'Esprit qui nous fait naître de nouveau, qui habite en nous, qui nous unit au Christ. Si l'Esprit était une créature, Dieu ne serait pas venu habiter en nous : il nous aurait envoyé un intermédiaire. Le temple de notre corps (1 Corinthiens 6:19) ne serait pas le temple de Dieu. Voir Saint-Esprit.
- Chez les Témoins de Jéhovah, pour qui l'Esprit est la « force agissante » de Dieu, et non une personne.
- Dans le langage de la piété. Parler de l'Esprit comme d'une énergie qu'on capte, qu'on accumule ou qu'on dirige, c'est oublier qu'il est Seigneur, et qu'il agit « comme il veut ». On ne se sert pas de l'Esprit ; on se laisse conduire par lui (Romains 8:14).
- Dans l'oubli. Une foi qui prie le Père et le Fils sans jamais penser à l'Esprit n'est pas hérétique, mais elle vit comme si Constantinople n'avait rien dit.